Always and Forever
Ils sont là, tout prêt. Ils vous regardent avec tentation, avec envie, avec avidité de sang, de pouvoirs et de vengeances. Les démons sont là. L'inquiétude augmente d'un cran quand les sorciers découvrent son arrivé. L'ange déchu le plus redouté du monde entier est en marche vers cette ville, vers ce monde. Des rumeurs ? Haha...
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Evénements
C’est une étrange période que nous vivons-là… Une tension semble peser sur la ville de Mystic Falls, et la majorité des gens ne savent même pas pourquoi… La nuit semble s’abattre bien plus tôt qu’à l’ordinaire, il règne une ambiance malsaine, lugubre… Mais les créatures savent ce qui cloche. Les démons sont revenus sur Terre. Ils marchent parmi nous, s’assoient à notre table, mangent avec nous. Mais non contents de profiter de la Terre et de ses occupants, les démons élaborent un plan, une conspiration contre l’Humanité toute entière. Elle est apparue dans les songes des sorciers et des sorcières : Lucifer veut revenir parmi nous. Pour cela, le portail qui mène aux enfers doit être une nouvelle fois ouvert. L’incantation est longue, et puissante. Une nouvelle menace apparaît : les créatures elles-mêmes ! La construction du portail perturbe la magie environnante. Les bagues magiques cessent de fonctionner. Les loups et les hybrides se transforment contre leur volonté. Les vampires semblent pris de frénésie soudaine et meurtrière. Les sorciers perdent subitement leurs pouvoirs. Plus personne n’est en sûreté.

Il reste encore un peu de temps. Du temps pour former une résistance. Pour contrer les forces du mal. Ou tout simplement pour sauver ses proches.Sauf si... Vous désirez son retour.


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 “Chercher conseil, c’est aller à la fontaine du savoir.” [PV Thomas Leblanc]

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Chercher conseil, c'est aller à la fontaine du savoir

Avec Thomas Leblanc


Peu à peu, Jena s'acclimata à son nouvel environnement. Pour le moment, les choses suivaient leur cours. Elle sortait rarement et les seules fois où elle le faisait, c'était pendant la nuit. Non pas qu'elle n'aimait pas le jour, c'était plus une façon pour elle d'éviter de se faire remarquer. Elle ne voulait pas être cataloguée de "nouvelle". Remarque, c'était ce qu'elle était ici à Mystic Falls. Elle se rappelait encore ces nombreuses fois quand les nouveaux débarquaient dans sa classe où ils étaient tous détaillés de la tête au pied. Personne ne voulait se mélanger aux nouveaux car, il fallait les fuir comme la peste. Faut croire qu'on pouvait attraper leur maladie ! Pourtant, Jena faisait partie de ces gens qui n'allaient pas volontiers vers les autres. Ses professeurs disaient d'elle, que c'était une élève brillante bien que trop absente. Absente, dans le sens où on ne l'entendait jamais. les seules fois où on l'entendait, c'était quand elle clouait le bec des fouteurs de merde. Les mauvais garçons qui n'étaient que là pour se faire remarquer auprès des filles en manque d'adoration. Elle n'était pas des plus populaires, mais elle se faisait surtout remarquer par sa volonté et son perfectionnisme. Jamais personne n'osait lui demander ses cours, ou bien une aide quelconque pour les devoirs, car Jena dégageait quelque chose de mystérieux et de dangereux. Elle était encore plus seule que les nouveaux réunis. Elle ne se mélangeait à personne, trouvant que les autres étaient ignares. Elle ne commettait aucun impaire sauf celui de prouver qu'elle était supérieure aux autres. Seuls ses professeurs le connaissaient. Elle avait été très claire : elle ne voulait pas de favoritisme. Elle ne fréquentait pas les écoles privées et onéreuses, non, elle ne tenait pas à montrer qu'elle avait bien plus d'argent que Crésus et Picsou réunis ! Elle se considérait comme quelqu'un de normal bien que parfois, l'orgueil se pointait et que cela ne la dérangeait pas, en dehors des cours de se montrer comme la plus cruelle des garces. En public, elle se comportait comme leur égal. Elle avait su jouer de son image de sainte-ni-touche, montrant un visage d'ange. On lui aurait donné le bon Dieu sans confessions ! Le pire, c'est que cela fonctionnait à merveille ! Pourtant, dans le fond, elle aurait aimé qu'on l'invite aux soirées étudiantes, aux anniversaires, au cinéma... Elle se contentait de croire qu'elle était bien mieux que toute cette bande de bouseux ! Au moins, en dehors des cours, elle menait une vie trépidante.

Elle ne sut pas précisément depuis combien de temps, elle était arrivée en ville. Le temps paraissait long ici, dans cette chambre. Elle ne connaissait personne. Enfin personne d'intéressant. En y repensant, il y avait bien une personne qui avait su capter son esprit vif. Une personne dotée d'un savoir. Une personne passionnée. Elle se remémora sa rencontre avec cette personne. Elle faisait des recherches sur internet sur les sciences occultes. Il faut dire que ce sujet la passionnait à un point qu'on ne pouvait imaginer. Elle avait remarqué que son nom revenait souvent. Des articles, des brochures de presse. Ses divers travaux sur le sujet. Elle avait passé des heures entières à lire et relire les articles parlant de lui. Sa biographie était simple, mais cela avait attisé sa curiosité. Il était ici à Mystic Falls et était professeur d'histoire. En parallèle, il donnait des cours du soir. Bien que cela ne l'enchantait guère de se mélanger aux autres, elle se décida de s'inscrire à ses cours. En premier lieu, pour voir ce que ça donnait. Elle manqua son premier cours, elle attendait à quelques pas du lycée pour espérer le voir. Se faire une premier avis négatif ou positif sur sa personne, mais conclut que ce n'était pas la meilleure approche.

La semaine suivante, elle s'arma de courage et pénétra dans cette classe. Elle était la dernière, et sentit les regards se poser sur elle. Elle voulut fuir, mais s'assit à l'écart tout en sortant un calepin, et nota quelques trucs essentiels. Elle suivit le cours en remarquant que ce professeur était ce qui lui manquait. Elle buvait ses mots. Elle était accrochée à ses lèvres et tout de suite, elle remarqua l'entrain qui le possédait. Il semblait atypique au premier abord, il était dans son monde et pourtant, il donnait l'impression de se foutre qu'on le trouve différent. Il avait une aisance particulière, il savait capter l'attention. En tout cas, il avait su capter l'attention de la jeune femme. Elle ne le trouva pas particulièrement beau, ni moche. A vrai dire, elle le trouva bien plus intéressant qu'il n'y paraissait. Il aimait au moins son travail. Il lui rappelait étrangement l'un de ses anciens professeurs qui était marginal. Son cours se finissait, et Jena était partie aussi vite qu'elle était arrivée. Elle repensa à ce professeur toute la soirée. Elle devait le revoir. Elle manquait cruellement de savoir ces derniers temps, et elle avait besoin de divertissement dans sa vie. Puis, il pourrait lui enseigner des choses. Lui en apprendre davantage bien qu'elle demeurait intelligente. Le savoir, il fallait le nourrir. Elle l'avait compris bien assez tôt. Thomas Leblanc de son nom, lui avait fait une première impression impressionnante. Elle concéda qu'il y avait quelque chose d'intéressant en lui. Elle aurait bien plus besoin de lui qu'elle ne voulait l'admettre au premier abord.

La semaine suivante, elle participa au cours de Thomas Leblanc, tout en restant à l'écart. Elle prit des notes en silence. Elle avait plein de questions en tête, mais n'éprouva pas le besoin de les étaler au grand jour. C'étaient des questions pertinentes pour un esprit tel que le sien, mais les poser tout simplement comme ça de but en blanc, elle ne pouvait pas. Elle passerait certainement pour une folle et ce serait peu de le penser. Les cours avec lui, passaient trop vite. A chaque fin de cours, il lui semblait, qu'il manquait des informations croustillantes. Il la laissait toujours sur sa fin. Elle avait soif de connaissances et ce depuis son très jeune âge. Elle se contentait cependant de les suivre le plus régulièrement possible, enfin quand le temps lui permettait. Ce soir là, elle se décida d'y aller bien que cela faisait deux semaines à peu près, qu'elle n'y avait pas été. Elle se demandait souvent, si son professeur l'avait remarquée. Ou bien s'il avait remarqué son absence quand elle n'était pas présente. Parfois, cela la faisait rire, après tout, il voyait des centaines de têtes différentes chaque jour, peut-être, n'était-il pas physionomiste ?

Ce soir là donc, elle entra dans la pièce où allait se tenir le cours. Elle sortit en silence son carnet de notes. Ce soir, elle s'était décidée à aller droit au but : lui parler. Était-ce convenable ? Elle préféra ne pas y penser et se concentrer sur son cours. Pendant qu'elle l'écoutait, elle se demandait qu'elle approche elle devait avoir avec lui. Lui parler directement des créatures mystiques ? De la magie ? D'elle ? Non, à cette pensée, la rouquine grimaça. Non, ça c'était quelque chose qu'elle se refusait. Le cours était déjà terminé quand elle sortit de ses pensées. Les retardataires filaient déjà alors qu'elle n'avait pas encore rangé ses affaires, ni même suivit le cours. Elle était tellement absorbée par ses pensées qu'elle en avait oublié le cours. Elle rangea son bloc-notes, et s'avança d'un pas assuré vers le professeur. Elle le détailla un instant. Il faut dire, qu'elle ne l'avait jamais approché de si près.

-Je trouve vos cours très passionnants, dit-elle dans un français impeccable-elle avait eu vent qu'il avait appris le français, à quel degré, elle ne le savait pas- J'admets que ce soir, j'ai été quelque peu distraite, rajouta-t-elle, non en français.

Elle se trouva l'air idiot d'avoir lancé ça comme ça. Tout au plus, elle donnanit l'impression de s'en foutre de ses cours. Elle ne tenta pas de réctifier le tir. Après tout, elle était de nature franche. Elle ne savait pas vraiment comment engager la conversation, peut-être qu'après cette journée à blablater, il aspirait à rentrer chez lui, se détendre devant un bon livre ou écouter de la musique ? Elle était là, à espérer attirer son attention, alors qu'au final, il voulait peut-être rentrer chez lui ?

-Je suis désolée, je.. Je suis là à vous importuner alors que vous avez peut-être d'autres chats à fouetter ?!

Elle allait s’éclipser quand elle repensa aussitôt aux paroles d'un professeur qui lui répétait sans cesse : "Tout savoir mérite qu'on s'intéresse à lui !". A cette pensée, elle s'installa tout bonnement au premier rang en silence. Elle ouvra son calepin, et sortit quelques notes. Elle croisa ses jambes tout en l'étudiant.

-Les paroles d'un de mes anciens professeurs me sont revenues en mémoire. Il disait que le savoir méritait qu'on s'intéresse à lui, dit-elle doucement pour briser le silence, sans oublier qu'elle tenait à s'imposer. Vous êtes censé nous apporter ce savoir et vu que je suis une personne avide de connaissances, je me disais que peut-être vous pourriez m'apporter des réponses ?

Elle prit le temps de décortiquer chacun de ses mots, montrant qu'elle avait certainement du avoir une éducation très stricte. Utilisant un langage non familier et quelque part soutenu sans être toutefois arrogant.

-J'ai envie de me spécialiser dans les sciences occultes, continua-t-elle en restant cependant vague pour le moment dans ses véritables attentes. Ce sujet m'attire beaucoup et ayant vu avec quel engouement, vous en parliez, je me demandais si en parallèle, vous pouviez m'aider dans cet apprentissage intellectuel ?

Elle n'attendait cependant pas de réponse dans l'immédiat. En partie si, elle avait hâte de partager aussi un peu de son savoir même si elle était consciente qu'elle devait en connaitre moins que lui. Cela restait cependant une aubaine de pouvoir échanger. Elle était même apte à le faire, très volontiers même.

-J'allais oublier la chose la plus importante, reprit-elle, je suis prête à vous payer. Votre prix sera le mien !

Elle n'avait pas cillé quand elle évoqua son envie d'en apprendre davantage. Elle essaya de rester la plus sincère possible. Elle admit cependant, que le professeur avait quelque chose de troublant dans le regard. Il la déstabilisait, mais elle préféra garder son calme, comme on lui avait appris lors de son apprentissage. Il devait sans doute la trouver culottée, mais dans la vie, il fallait oser. Chose qu'elle avait compris. On a rien sans rien !

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Featuring Jena Robertson



Thomas n’était pas né pour être professeur. C’était une évidence même. Tout son corps était voué dans un culte un peu étrange envers un être supérieur, qui n’existait probablement pas en fait. Au fil de toutes ces années, il n’avait que peu douté de sa croyance. Quoique la découverte de ses pouvoirs et du surnaturel, avec toute la compagnie d’évènements rocambolesques et monstrueux qui allaient avec, l’avait bien secoué. Il ne se voyait plus apte à porter un jour sa veste de prêtre, ou d’autres officiants religieux. Son poste en tant que professeur n’avait été que fortuit en réalité. Il avait besoin d’argent, et il ne savait pas vraiment quoi faire d’autres qu’enseigner l’histoire. Travailler à la bibliothèque aurait été une possibilité, mais il n’avait pas envie de passer sa vie derrière un comptoir de librairie à guider des ermites et des vieux séniles perdus entre les toilettes et le canapé. Et les travaux manuels étaient loin d’être son fort.

Cependant, gérer une classe d’adolescents boutonneux qui ne pensaient qu’à forniquer et vivre dans le pêché n’était pas une mince affaire non plus. Plusieurs fois, il avait eu l’occasion de regretter sa vie au Canada. Plus d’une fois, on l’avait surpris à utiliser une expression québécoise, bien qu’il ne soit jamais allé au Québec, ou à vanter les mérites de son pays natal par rapport aux Etats-Unis. Il faut dire qu’en lisant les copies de ses élèves, cela n’aidait pas à se faire une bonne idée du QI moyen en Amérique. Il avait eu droit à quelques perles assez mirobolantes, à des réécritures de l’Histoire du monde, voire carrément à des résurrections de personnalités du Moyen-Âge dans d’autres ères. Tel que Charlemagne levant le glaive contre nos très chers Nazi en 1789. Cependant, il avait fini par en rire, et pouvoir trouver un terrain de rigolade avec ses élèves, se moquant d’eux gentiment sans les blesser, mais suffisamment pour être « cool ».

Et très rapidement, il avait senti que cela ne suffisait pas. Ou plus en tout cas. Il avait quelque peu de mal à s’intégrer socialement. Enfin, c’était assez modeste. Il avait beaucoup de mal à vrai dire. On ne le lui disait pas, mais il le sentait. Sa franchise était une qualité autant qu’un défaut. Et il avait un peu de mal avec le second degré, l’humour n’était pas son fort. Il ne faisait jamais d’humour en fait, que ce soit devant tout le monde en public, ou même dans une conversation avec un interlocuteur unique, en privé. Ses seuls moments de rire étaient quand il trouvait une erreur sur la copie d’un étudiant. Et dès lors, ses journées se résumaient assez vite à travailler et… C’est tout. Un programme qui n’était pas très palpitant, d’autant qu’ils avaient eu la joie de croiser quelques vampires, loups… Et démons. Rencontres dont ils se seraient bien passés pour certaines. D’autres lui avaient permis d’en apprendre un peu plus sur la manière de penser de chaque espèce. Et c’est ce qui lui avait donné l’idée de ces cours du soir en sciences occultes. De quoi occuper quelques soirées, tout en se faisant un petit pécule en plus, ça ne se refusait pas.

Rapidement, il s’était rassemblé des notes, et des écrits. Légendes, mythes, contes, et histoires urbaines passaient toutes par là. Il comprit rapidement que certaines cultures avaient été marquées par le monde du surnaturel, mais qu’avec le temps, cela s’était retranscrit dans les religions ou comme de simples histoires de fantômes. Au final, totalement déformé de la réalité. Puis, il organisa ses cours avant d’en référer à la direction du lycée, qui donna son accord sans trop d’opposition. Il n’était certes pas très doué socialement, il restait un professeur compétent dont très peu de plaintes ne ressortaient des élèves ou de leurs parents. En complément, ses recherches pour ses cours lui permirent de rédiger quelques écrits, et théories, qu’il rendit public. Il ne savait pas du tout manier les outils informatiques, dont il ne comprenait pas l’utilité ni la portée. Quelques journaux rédigèrent un encadré sur ses dires, jugeant son regard nouveau pour certains ou alors totalement délurés pour d’autres. Il n’en avait cure. Il ne faisait pas ça pour la gloire. Au fond de lui, cela le passionnait. Même si on lui attribuait dès lors la réputation d’homme des cavernes. Il se rasait, un peu, pourtant.

Il ne s’y attendait pas forcément, car au départ personne ne s’y était inscrit, mais quelques élèves finirent par fréquenter ses cours du soir. D’abord de manière aléatoire, puis fréquemment pour certaines. Ils n’étaient certes pas très nombreux, mais toujours suffisamment pour tenir un certain dynamisme. Ce qu’il voulait, c’était instaurer un cours semi-oral et semi-directif. En quelque sorte, un cours où il fait sa présentation, où il explique ses théories, et autres éléments de la matière. Et une seconde partie où chacun peut donner son point de vue, et ainsi essayer d’avancer ensemble. Les jeunes se prêtaient assez aisément à ce jeu. D’autres, des non-lycéens, finirent également par se présenter de temps en temps. Quelques personnes retraitées, mais aussi des adultes. On trouvait de tout, au final, dans le public. Thomas était quelque peu gêné au début, de voir autant de têtes défiler, même si la plupart ne passait qu’une fois ou deux.

Ce soir-là, il avait décidé de présenter un cours un peu spécial, puisque présentant d’un regard différent les multiples couples romantiques ayant parsemés l’histoire de l’humanité : Tristan et Iseult, Roméo et Juliette, pour ne citer que les plus connus. Ainsi qu’un certain rebondis sur ces histoires dans la culture moderne, au cinéma par exemple. Le cours se déroula comme d’habitude, à ceci près qu’on vient le voir après le cours. Il avait l’habitude que certains habitués viennent lui poser une ou deux questions à la fin du cours, mais la personne qui vînt le voir était différente. Il ne la connaissait pas, et c’était la première fois qu’elle venait lui parler. A vrai dire, il l’avait déjà aperçu, mais c’était bien la première fois qu’il l’entendait prononcer un mot. Elle était du genre discret jusqu’ici. Lorsqu’elle le complimenta sur son cours, il en fut quelque peu flatté, et émit un petit rictus en tant que sourire de remerciement. Mais elle semblait hésitante, et Thomas l’avait bien ressenti. C’était bien pour ça qu’il ne disait rien, se contentant de l’écouter et l’observer, avec une certaine curiosité. Il se demandait ce qu’elle voulait, et qui elle était. Les historiens veulent avoir réponse à tout après tout. Lorsqu’elle sembla rebrousser chemin et battre en retraite, elle attira son attention par rapport à une phrase qu’elle prononça. D’autres chats à fouetter ?

- Pourquoi… Irais-je fouetter des chats ?

Déclara-t-il, à demi-mots, en la fixant, la main à moitié plongée dans son cartable. Il réagissait parfois comme un petit enfant qui ne comprenait pas tout aux discussions d’adultes, comme s’il était sur une autre planète. Ça pouvait lui donner un air détaché incroyablement sexy, ou incroyablement boulet. Finalement, elle revînt à la charge, se décidant bien à discuter un petit peu avec lui. A la bonne heure, ça ne le dérangeait pas. Au contraire. Il aimait partager sur ce domaine avec les participants de son cours. Il s’assit alors sur le rebord du bureau, comme les trois quarts des professeurs, pour l’écouter parler. Elle semblait vraiment passionnée par la matière, et il aurait pu parier gros qu’elle était aussi passionnée d’histoire. Quand elle eut finit, Thomas souriait. L’enthousiasme de la jeune femme faisait plaisir à voir. Mais il se devait de calmer son tempérament.

- Doucement, doucement… D’abord, je ne prends pas de cours particuliers ou autres.

Il se redressa légèrement, avant de chercher à expliquer au mieux la vision qu’il avait des choses. Ce qui n’était pas toujours facile. Il cherchait surtout à comprendre ce que son interlocutrice lui voulait réellement. Se spécialiser dans les sciences occultes, et ? C’était assez vague, elle sortait d’un coup, de nul part en plus. Et elle fonçait tête baissée en avant, tel un bélier que l’on ne pouvait pas arrêter.

- D’abord, on va commencer par les bases. Qui êtes-vous ? Et quel… est votre projet ?

Si tant est qu’on puisse parler de projet. Cela se trouve, c’était juste un passe-temps. Ou alors une folle. Tout était possible dans le surnaturel après tout. Il se leva alors, et chercha quelque chose dans son cartable.

- Evidemment que je peux vous aider. Voici ma carte, n’hésitez pas si vous voulez en discuter.

Il réfléchit un court instant.

- Mais je n’ai pas besoin d’argent. Pas pour ça, ou alors… Je n’ai pas bien saisi ce que vous aviez besoin. Je vous écoute…

Il voulait surtout qu’elle en dise plus. Elle s’était montrée directe, mais n’avait pas exposé tous les points de son développement ou de ses attentes. Il se retourna, direction le bureau, il enleva le cartable du meuble, conscient que ce serait malpoli de garder ses affaires rangées alors qu’elle lui parle. Surtout qu’elle s’était installée, il fallait donc prévoir quelques minutes de discussions au minimum. Cela tombe bien, car il n’avait rien de prévu pour la soirée. Et ce n’était pas l’attente du dîner qui irait le faire quitter son travail plus tôt. Mais avant que la jeune femme ne commence son exposé, il sorti un livre de son sac et le présenta à la jeune femme.

- Cela pourrait vous intéresser. Et d’ailleurs… Petite question test d’abord, puis vous m’expliquerez tout : que pouvez-vous me dire à propos de Twilight ?

Aussi étrange que pouvait être la question, le choix de Twilight comme référence était délibéré. Tout rapportait l’histoire de ces livres à Mystic Falls. Des vampires, des loups-garous, et tout ça dans une petite ville américaine, ça ne vous rappelle rien vous ? A Thomas si. Et c’était le but, avoir un léger parallèle entre la fiction et la réalité. Puis, ce n’était qu’une question…

© Crédit Balou - 2016



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CHERCHER CONSEIL, C'EST ALLER À LA FONTAINE DU SAVOIR

Avec Thomas Leblanc


Elle se renfrogna sur son siège et eut un léger rictus, mais très léger quand il s'interrogea sur cette histoire de chats à fouetter. Elle se contenta de hausser les épaules. Elle ne savait pas s'il était vraiment sérieux ou bien s'il faisait exprès. Peut-être était-ce une façon de la tester ? Elle préféra se dire que cette question toute innocente soit-elle, n'était pas si importante à ses yeux. Elle ne lui en tenait pas rigueur cependant, après tout, ce n'était qu'une phrase dite avec humour. Il était certain qu'il n'avait pas su déceler ça. Elle en fut quelque peu déçue, elle qui s'attendait à avoir en face d'elle un homme à l'intelligence accrue. Finalement le professeur s'installa sur le bord du bureau, ce qui rassura la jeune femme. Il n'allait pas la virer de la salle de sitôt, enfin pour le moment.

Comme elle le redoutait, le professeur s'interrogeait sur ses réelles attentions, sur son identité aussi. C'était normal, c'était ainsi qu'une "relation" de base se construisait. C'était ainsi que les échanges se faisaient. C'était toujours intéressant de savoir à qui l'on s'adressait.

La jeune femme, quant à elle, ne l'entendait pas de cette oreille. Pour elle, il n'était pas question de se mettre à nue. Que pouvait-elle lui dire ? Qu'allait-il penser de tout ça ? C'était ça qui l'importait. Savoir précisément ce qu'il allait penser et surtout, s'il était prêt à l'aider dans cette tâche. En fait, il fallait se mettre à l'évidence, elle s'était toujours dit que c'était du donnant donnant dans sa vie. Elle voulait de l'aide ? Il lui fallait faire des concessions. Elle se mordit violemment la lèvre inférieure tout en jouant avec ses mains. Elle remit en place après coup, une mèche rebelle qui lui barrait le regard. Elle se fit violence cependant afin de ne pas lui faire faux-bond. Elle se racla la gorge afin de se donner du courage.

-Je me nomme Jena Robertson, commença-t-elle. Je suis diplômée en histoire plus précisément en sciences des religions.

Elle s'interrompit un instant surprise de la franchise de ses mots et surtout de sa capacité à retrouver un semblant d'applomb-il faut dire que Jena n'était pas très fortiche en ce qui concernait les relations sociales, elle pensait qu'il y avait quelque chose dans son interlocuteur, qui lui inspirait "confiance" au point qu'elle soit poussée à converser aussi librement-, tandis qu'il fouilla dans son sac afin de lui tendre sa carte de visite. Elle l'a pris tout en la déchiffrant en silence tandis qu'il l'invita à poursuivre. C'était très peu suffisant pour qu'il accepte si facilement de l'aider. Elle devait en dire plus. Cette spécialisation était le cadet de ses soucis, il y avait tellement de choses qu'elle tenait à découvrir. Elle sut précisèment à cet instant, que c'était lui qui serait la solution. Elle ne sut pas pourquoi, mais c'était une évidence même.

-J'ai décidé de poursuivre jusqu'au doctorat, mais j'ai découvert que le domaine de l'occultisme, pouvait peut-être m'ouvrir d'autres horizons. C'est pour cela qu'en fouinant sur le net, j'ai découvert vos travaux et les différents articles vous concernant. Ceci dit au passage, suivre vos cours était un subterfuge, mais j'admets volontiers que vous savez capter l'attention, finit-elle en complimentant l'enseignant.

Non, ce n'était pas pour l'amadouer, loin de là. Que pouvait-il trouver de toute façon à cette élève tout autant banale que ses autres étudiantes. Elle se demandait aussitôt s'il avait une femme qui l'attendait sagement pendant qu'il perdait son temps avec elle. Elle dirigea automatiquement son regard sur son annulaire gauche, mais ne remarqua rien. De nos jours, cela ne voulait rien dire à ses yeux, mais il ne fallait qu'elle tire des conclusions trop hâtives. Ou bien, s'il avait déjà eu le fantasme de prendre une élève sur son bureau et s'il l'avait déjà fait. Elle se demandait subitement quel effet cela pouvait faire. A cette pensée, elle sentit le rouge lui monter aux joues et préfèra baisser la tête le temps de retrouver ses esprits et surtout de masquer son trouble.

Il sortit un livre de son sac qu'il lui présenta. Elle s'attendait à un truc original. Mais alors qu'elle s 'attendait à tout, elle était loin de s'imaginer ça. Twilight ? Il était vraiment sérieux là ? Twilight ?

-C'est une blague ? Rassurez-moi ?! C'est une blague ?! Vous avez là un humour très étrange ! Je m'attendais à tout mais vraiment pas à ça !

Elle se tut ! Elle ne savait vraiment pas comment réagir. Devait-elle être en colère ? Devait-elle rire ? Tout un lot de sentiments l'envahit subitement. Elle s'approcha cependant de l'enseignant tout en lui prenant le livre des mains. Elle étudia la couverture avec une légère lueur dans les yeux. Elle émit une grimace de dégoût.

-Ce livre est un déchêt ! Vraiment un déchêt sortit tout droit de l'imagination d'une ignorante auteure. Comment, a-t-elle pu écrire un tas de conneries sur le mythe des vampires ? Oui je parle de mythe, qui pourtant quand on regarde plus près, n'en est pas un ! Nous sommes loin de l'image réelle des vampires. Un vampire qui brille au soleil comme une boule à facettes ?! Des vampires qui se cassent comme de la porcelaine ?! Mais où va-t-on ?! Droit dans le mur !

Elle posa le livre comme si ce dernier lui brûlait les paumes et se planta devant lui à une distance relativement courte. Elle était malgré elle, un peu trop proche de lui, pouvant remarquer sa peau quelque peu amrquée par le temps, ses yeux un peu trop sombres. Elle se perdit sur ses tâches de rousseur et lui trouva cependant un charme particulier. Elle le dévisageait non sans méchanceté, mais plus par curiosité, histoire de l'impressionner.

-Ce livre n'est que foutaises bonnes à faire mouiller la culotte des jeunes adolescentes en mal d'amour. Oh oui, forcément, les vampires font fantasmer depuis des siècles, leur charisme impressionnant, leur romantisme. Un vampire ne brille pas comme si nous étions dans une boîte de discothèque, il brûle. Puis ce romantisme à deux balles "Oh non Bella nous ne pouvons pas nous embrasser car je risquerais de te vider de ton sang...", laissez-moi rire. Non je ne le ferai pas, car il y a bien longtemps que j'ai oublié comment on fait ça. N'allez pas me faire croire que ce livre est votre livre de chevet ! Un vampire qui peut enfanter ? Depuis quand un vampire a-t-il le pouvoir d'érection sachant que son corps est mort ? Son sang n'irrigue plus son corps, comme le ferait le sang d'un mortel. Je me trompe peut-être, parce que je n'ai pas étudié l'anatomie masculine (ni touché la virilité d'un mec), mais on ne me fera pas croire que ce Edward ait pu avoir ce bébé avec Bella. Ou alors qu'on m'explique comment c'est possible ? Non, tout ça ce sont des conneries. Vous savez le nombre de midinettes j'ai entendu crier dans le cinéma quand Jacob a retiré son tee-shirt pendant la projection du film ? Trop ! Elles étaient là à se pavaner comme des petites chiennes en chaleur...

Elle recula instinctivement. Cet échange devenait un peu trop... Enfin, ce livre avait le don de l'énerver. Elle soupira un instant comme pour évacuer cette frustration. Elle plongea de nouveau ses yeux dans ceux du professeur.

-Ce monde qui est décrit dans ce livre est bien loin de toute vérité. Les vampires, les lycans, ne sont pas décrits à leur juste valeur. Si j'avais été vampire, croyez-bien que je me serais délectée de faire souffrir cette Stephenie Meyer pour cet affront qu'elle fait subir à ces créatures. Prenez-moi pour une cinglée, ou bien pour une adoratrice, je m'en tamponne comme de mon premier tampon... C'était sans doute une mauvaise idée de venir vous voir , elle recula et se dirigea vers son sac qu'elle prit entre ses mains.

Elle revint vers le professeur tout en lui présentant cependant la main afin de clore tout échange possible.

-Il est temps pour moi de vous laisser vous et votre livre. J'espère que vous vous amuserez bien ensemble.

Et puis, elle s'effaça, n'oubliant pas au passage de le bousculer, légèrement soit dit au passage...

-N’espérez pas me revoir, je trouverai bien quelqu'un d'autre qui ne prendra pas pour comptant tout ce qui est écrit dans ce livre...

Elle insista sur le livre, car pour elle, on ne pouvait pas considérer ça comme un livre, mais plus comme une poubelle...


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Featuring Jena Robertson



Thomas l’écouta parler, sagement, confiant dans la situation et les capacités de la jeune femme. Certes, il ne la connaissait pas et venait tout juste de savoir qui elle était, et ne pouvait pas véritablement savoir à quoi s’attendre. Mais son instinct l’avait convaincu que si, elle ne se tromperait pas. Le professeur avait approuvé, quand elle avait présenté le sujet de ses études et son projet. Sciences de la religion. Au fond de lui, il souriait, même s’il tâcha de ne rien laisser entrevoir. C’était un sujet ambitieux, peu reconnu et dont les débouchés n’étaient pas extrêmement nombreux. Mais quand c’était la passion, on ne disait pas non. Et elle évoqua le net. Il n’avait pas souvenir avoir publié quelconque article sur internet. Il n’avait même pas d’ordinateur, et ne savait pas du tout comment s’en servir. Il était dépassé par tout ça. C’était déjà à peine s’il avait un téléphone portable qui pouvait lire de la musique, alors bon. Il n’avait alors aucune conscience de la véritable portée des choses qu’il disait, ou pouvait dire lors d’un entretien avec un « blogueur » ou « rédacteur ».

La réaction face au livre était celle escomptée. Enfin, à quelques détails près. Il voulait surtout savoir si elle pouvait lui en dire plus sur les vampires, les loups-garous ou les sorciers. Et a priori, elle pouvait en dire bien plus. Sa réaction était démesurée, et bien qu’il n’aime pas non plus particulièrement ce livre, il ne s’attendait pas à ce qu’elle perde le contrôle comme cela. Allait-il s’énerver pour autant ? Allait-il lui faire quelconque reproche ? Non. Il n’était pas là pour ça. Et la réaction de Jena le faisait rire, un petit peu, également. Elle mettait tant d’entrain dans ce qu’elle disait, elle le vivait, elle y croyait. Aucun doute : elle serait une élève intéressante. Le professeur ne cilla toutefois pas, et ne montra que peu ses émotions sur son faciès. Il ne voulait pas influencer son interlocutrice, et la laisser aller jusqu’au bout de son raisonnement. Il avait alors adopté cette apparence neutre, totalement neutre, au point de laisser penser qu’il était vide, creux, sans intérêt. Mais il faut toujours se méfier des apparences, comme on dit. A l’intérieur, le cerveau bouillonnait, analysant chaque parole de la jeune aux cheveux ardents. « L’image réelle des vampires » ? Le professeur haussa un sourcil. De quelle image pouvait-elle parler ? A travers le temps, les vampires avaient pris diverses formes, diverses interprétations. Tout un tas de légendes impliquaient les vampires, et tout autant de rumeurs autour de la manière de les détecter ou de s’en prémunir étaient dites. L’ail, pour les repousser. La cuillère sur le bout du nez pour les repérer. Tout ceci était faux, Thomas le savait. Mais alors, était-ce un signe que Jena savait quelque chose ? L’idée était tout à fait plausible, il fallait se méfier de tout le monde à Mystic Falls, mais il devrait continuer de faire semblant d’être un simple mortel pour le moment.

Il continua de l’écouter parler, sagement, impartial. Il avait croisé les bras quand elle s’était approchée de plus près. Il n’était pas gêné par cette proximité, mais ne voyait pas non plus en quoi cela pouvait laisser sous-entendre quoique ce soit de plus. Tout comme l’humour, les interactions sociales étaient limitées chez lui. S’approcher de quelqu’un de près, lui parler à l’oreille, ne constituait pas forcément pour lui des marques d’intimité, pour exemple. Mais elle ne se calmait pas pour autant. Tout au long de son allocution, elle brillait du même feu qu’au début. Elle finit par conclure, lui dire au revoir, et le bousculer. Thomas ne résista pas, écarta légèrement les bras, et finit par applaudir. Il applaudissait la performance qu’il venait de voir sous ses yeux. Un bel exposé, convaincant, et étoffé de détails et preuves scientifiques. Elle ne se contentait pas de donner son point de vue, elle donnait en plus tout un tas de faits, scientifiques ou non. Comme l’exemple du sang irriguant le corps.

- Remarquable. Tout bonnement remarquable. Vous êtes bien la première à réussir à m’impressionner de la sorte. Vous avez l’esprit vif, mademoiselle Robertson.

Il aurait pu la prendre pour un vampire, elle-même. Mais il savait que ce n’était pas le cas. Il l’aurait senti en lui serrant la main. Tout comme il savait qu’elle n’était ni sorcière, ni louve. Heureusement que les sorciers savaient reconnaitre ces créatures par le simple toucher, sinon, il aurait eu pleins d’ennuis à se faire.

- Restez, je vous prie. Vous n’avez pas terminé, et moi non plus.

Il prit le livre qui avait été déposé sur la table, et le remit à sa place, au fond de son sac. Il souriait à Jena, qu’il tentait de convaincre de rester. Il se fichait de passer pour un fou, il n’était plus à ça près. Et vu la prestation qu’elle venait de faire, elle aussi passerait pour une folle au final. Il agita les doigts comme essayant de se souvenir des mots exacts qu’elle avait prononcés.

- A propos de votre… Menace contre l’auteur du livre. Je vous pose la question, si vous aviez été vampire justement, comment vous y seriez-vous pris pour lui faire payer cette « insulte » ? Oh, et dites-moi… D’ailleurs…

Une nouvelle question lui était venue en choisissant ses mots pour la précédente.

- Comment verriez-vous les vampires,-vous ?

Le cerveau du sorcier bouillonnait de questions qu’il voulait poser à la jeune femme, pour tester la limite de ses connaissances et les limites possibles de sa réflexion. Mais il n’aurait pas le temps de le faire, et elle risquerait vite de s’impatienter. Il devait trier ses questions au plus vite. Il prit une craie, et dessina au tableau trois cercles. Trois cercles qu’il présenta ainsi : le premier représente les vampires, le second, les loups-garous, et le troisième, enfin, le commun des mortels. Il tendit la craie à Jena, et lui demanda, en faisant appel à son imagination ainsi qu’à un minimum de logique, de présenter les interactions ‘sociales’ entre ces différents groupes par des flèches et de succinctes explications, selon son point de vue. Il ne lui donna pas plus de détails, ne voulant là encore pas l’influencer sur la réponse à donner. Il s’attendait à ce qu’elle lui donne rapidement le tableau des relations entre créatures surnaturelles. Du type, les vampires se nourrissent des humains, les loups-garous n’aiment pas les vampires, et inversement. Il attendit, patient, en regardant ce qu’elle ferait.

Une fois terminé, il lui demanda si cela lui semblait cohérent, et s’il ne manquait pas quelque chose, ou un groupe pour maintenir l’équilibre dans tout ça. Et à quel groupe supplémentaire on pourrait penser.

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Avec Thomas Leblanc


Elle était hors d'elle et elle était vraiment déterminée à sortir de cette pièce, quoique, un peu frustrée que cette visite s'achevait ainsi. Elle qui d'ordinaire savait se contrôler, elle avait donné le sentiment de n'avoir aucun contrôle sur ses émotions. Peut-être qu'à force de vouloir tout contrôler jusqu'au petit détail insignifiant, son propre corps s'interposait pour lui montrer qu'elle n'était pas complètement dénuée de sentiments. Après tout, elle n'était pas une simple statue faite de marbre. Il y avait de la vie en elle, il y avait de la fougue, un peu trop intense par moment. Elle ne s'était pas retournée, non, elle tenait la poignée et alors qu'elle allait la tourner, le professeur applaudissait. Elle se retourna vivement. Se foutait-il d'elle ? Non, elle ne le pensa pas car il semblait assez sincère. Il lui révéla qu'elle l'avait impressionné. Jena sentit à cet instant un frisson d'excitation, non pas un frisson d'excitation, mais un frissonnement de fierté. Il ne devait pas être simple d'impressionner un personnage tel que lui. Il avait du en voir des têtes brillantes. Elle, de son côté n'était pas tout autant facile à convaincre ni même à toucher. Elle trouvait les mortels trop simples d'esprits. Peut-être n'était-il pas "normal". A cette pensée, la belle pouffa. Elle l'observa sans n'avoir cependant pas bougé d'un pouce et le professeur, l'invita à rester. Il semblait animé par la volonté de la voir rester. Il n'y avait aucune raillerie et elle appréciait cela. Il ne fit aucune remarque cependant sur ce qu'il avait vu. La voyait-il comme une aliénée ? Elle ne prendrait pas la peine de lui demander et c'était sans doute le cadet de ses soucis.

Elle l'observa avec un peu plus d'intensité encore alors qu'il commençait dangereusement à l'intéresser. Non, pas ce genre d'intensité quand nous sommes frappés par un coup de foudre. Ce qui l'intéressait ? Son esprit. Elle n'allait aps s'amouracher de la sorte avec autant de facilité non, elle, elle avait besoin de résistance. A quoi bon apprécier les choses si c'est pour les avoir si facilement ? Elle revint sur ses pas finalement et croisa ses bras tout en l'étudiant de nouveau. Elle ne se rappelait pas si ses anciens professeurs animaient leurs cours avec autant de pragmatie que Thomas Leblanc. Aucun homme n'avait su attirer son attention, ni bien un quelconque sentiment positif, mais lui bien qu'un peu plus âgé qu'elle, il possédait un tel magnétisme, qu'elle aurait pu le prendre pour un être surnaturel. Impossible, elle l'auraits enti. Elle n'avait aucune réelle perception des choses, mais il aurait été beaucoup plus beau, enfin il aurait eu cette aura que els vampires dégageaient sans aucun doute. Elle dévia sur sa bouche se demandant si elle s'était laissée aux plaisirs de la chair. Savait-il se servir de sa langue aussi bien qu'il parlait. Instantanément, une chaleur envahit son corps. Fichues hormones pensa-t-elle. Bien que pucelle, elle nourrissait des fantasmes et c'était une chose parfaitement normale. Elle se mit une gifle, mentalement bien sûr, pour chasser ses pensées un peu trop obscènes à son goût. Il ne fallait pas perdre de vue ses objectifs. Il n'y avait pas de mal à se faire du bien admit-elle, mais ce n'était ni le lieu ni le moment appropriés. Ses joues avaient sans doute naturellement pris une coloration rosée, et elle retira sa veste. Elle mit ça sur le compte qu'elle était un peu trop habillée. Elle la déposa sur le dossier d'une des chaises et faisait mine de réfléchir à sa première question. Comment aurait-elle fait si elle était une belle jeune vampirette ? Elle ne dit rien se contentant d'afficher un petit sourire énigmatique, mais aussitôt, celui-ci disparut tandis qu'il continua à la questionner. C'étaient effectivement des questions qu'elle s'était déjà posé.

Il se dirigea vers le bureau et elle en profita pour le suivre tout en laissant une certaine distance comme si la peur d'être si proche de lui pouvait l'empêcher de raisonner comme il se devait. De tout façon, aucun homme ne pouvait s'intéresser à elle, sexuellement parlant bien sûr. Elle refusa même que les choses se passent ainsi. Il dessina des cercles et quand il eut terminé, il lui tendit la craie. Elle arqua un sourcil en signe d'incompréhension. Elle prit la craie toutefois et il lui demanda clairement de faire jouer son imagination. Le souci c'est qu'il y avait belle lurette que l'imagination n'était plus au rendez-vous.

-Bien, commença-t-elle, nous ne sommes pas en mathématiques, donc je ne pense pas que vous me demandez de reproduire d'autres formes géométriques, continua-t-elle avec raillerie et lucidité.

Elle le regarda un instant s'assurant qu'il respectait son espace vital alors qu'elle reprit le cours de sa réflexion. Il ne fallait pas qu'elle perde de vue que c'était un cours sur les sciences occultes, donc que ce n'était pas quelque chose de banal qu'il attendait. Il s'attendait à ce qu'elle mette en avant sa perception des choses et surtout, qu'elle fasse travailler ses méninges.

-Alors si j'étais un vampire, je ferai en sorte qu'elle réécrive l'histoire, dit-elle en brisant le silence, j'userai de manipulation psychique afin de rentrer dans son esprit et de lui intimider de le faire à ma manière. Un peu comme de la persuasion, enfin j'imagine que c'est ainsi que je procéderai, lança-t-elle comme une évidence-elle n'en oublia pas les ronds et avaient déjà commencé le travail sur le tableau-Il faut arrêter de croire que dans ce monde, tout est beau et tout est gentil, conclut-elle.

Elle s'arrêta un instant afin de contempler son oeuvre. Elle se sourit constatant qu'elle avait réussit à interpréter ce qu'elle savait. Elle avait vraiment une excellente mémoire des choses. Elle plongea le bleu de ses iris sur son congénère.

-Et si je faisais partie de ces créatures de la nuit, déclara-t-elle comme dans un murmure qu'eux seuls étaient en droit d'entendre, comment réagiriez-vous ? Auriez-vous peur ?-Tandis qu'elle parlait, elle s'était approchée de lui avec un petit sourire carnassier en coin-Sentiriez-vous votre cœur battre la chamade comme s'il voulait s'échapper de sa prison thoracique ? Ou battrait-il d'excitation ? le questionna-t-elle avec un soupçon de sensualité dans la voix.

Elle le défia cependant du regard un instant avant de retrouver un visage hermétique.

-La question n'est pas comment je les verrais dans mon imaginatif, mais comment je les vois au quotidien.

Cette phrase résonnanit comme une évidence certaine, pourtant bien que ce monde semblait irréeel pour un simple mortel, pour elle, il en était autrement. Elle était certaine que cela ne l'offusquerait pas, sinon pourquoi bon avoir décidé d'allier le "paranormal" à ses heures perdues ? Elle ne savait pas s'il faisait ça dans le but d'attirer l'attention ou bien s'il était réellement conscient de ce monde qui l'entourait.

-Bien, je vais éclairer votre lanterne, enfin, vous expliquez par le biais de ce dessin, enfin, si on peut appeler ça ainsi, continua-t-elle presque avec amusement, je suis sûre qu'un enfant de cinq ans aurait pu en faire autant. Alors, rajouta-t-elle en s'avançant devant le tableau. Nous avons là les humains, des personnes comme vous et moins, enfin j'imagine. Nous avons là, les vampires, oubliez ce que vous avez lu dans Twilight, et là, ici, les lycans.

Elle aurait pu aussi bien lui rappeler qu'on les appelait aussi des loups-garous, mais elle ne tenait pas à l'égratigner en titillant son intelligence.

-Donc, vous m'avez demandé de détailler leurs interactions sociales, bien, donc, les vampires ont besoin de s'alimenter de sang, je nous vous apprends rien en vous disant ça. Elle s'interrompit un instant en s'assurant qu'elle avait son attention et elle se surprit à pouffer à cette situation. C'était elle l'enseignante et lui l'élève. Elle préféra ôter de ses pensées ces images qui défilaient devant ses yeux. Des images qui se voulaient à contre cœur, faites de débauche.

-Reprenons, continua-t-elle en examinant le tableau-cela lui permit de recouvrer lentement ses esprits-les vampires se nourrissent donc de cette vitae, c'est un besoin fondamental pour eux. Si la morsure fait mal ? J'ai lu que cette morsure soit orgasmique pour l'homme, je ne sais pas si c'est vrai, puisque je n'ai jamais été confrontée à ça, de toutes les façons imaginables.

Elle détestait un peu trop sa franchise. Il lui arrivait que sa langue se déliait plus vite que ses pensées. Elle se sentait idiote après coup, ça lui ferait une belle jambe d'apprendre ça, mais elle espérait qu'il n'avait pas relevé cette dernière remarque.

-Les vampires ne sont pas très amicaux envers les lycans et vice versa. On m'avait fait part que dans un temps reculé, certains lupins, étaient les chienchiens des vampires. Certains se sont rebellés suite à ça, ce qui expliquerait leur mésentente. Là aussi, ce ne sont que des on-dit. Certains lycans naissent avec ce gêne, s'ils tuaient par accident ou par envie, n'oublions qu'en chacun de nous, on peut ressentir cette envie de meurtre, pour quelques raisons qui nous sont propre. S'ils venaient à tuer, ils se changeraient donc en bête. D'autres, contre leur gré, je suppose, après une morsure, deviendraient par la suite ces choses. Même si on les dépeint comme des aberrations de la nature, je ne pense pas qu'ils soient tous ainsi. Certains vampires remarquez, refusent de se nourrir du sang des humains, directement sur leur cou hein ?! Y en a qui se nourrissent d'animaux ou bien, du sang récolté dans les hôpitaux...

Tout cela coulait de source et maintenant qu'elle avait pris la parole, elle ne s'arrêtait plus. Bien sûr, elle avait été à l'essentiel, ils auraient bien assez de temps pour approfondir leurs connaissances ensemble. Toutefois, le professeur prit la parole à son tour, lui demandant avec naturel s'il ne manquait pas un petit quelque chose. Un groupe supplémentaire. Instinctivement elle répondit que non et se ravisa aussitôt en se rappelant qu'il y avait bien un petit quelque chose qui lui revenait. Ce fameux matin où elle avait découvert quelques brides de son passé. Elle se concentra sur le tableau et dessina un autre cercle. Elle y inscrivit : sorciers. Et si ce n'était pas de cela que le professeur faisait mention ? Elle se retourna vers l'enseignant tout en posant la craie sur le présentoir du tableau, et s’épousseta les doigts.

-Je suis navrée de vous l'annoncer de but en blanc sans vouloir faire de l'humour avec votre nom hein, mais il faut croire que mes connaissances ne sont pas aussi accrues que je ne veux le faire croire. D'ailleurs que serait le rôle de ces sorcières de Salem ? Donc si on pousse la réflexion plus loin, quel autre genre de créatures erre ici ?

Elle se mit à éclater de rire, un rire franc qui sortait de ses lipes. Il y avait belle lurette, qu'elle n'avait eu un tel éclat dans la voix. A croire qu'elle savait encore se montrer humaine sous toutes coutures. Elle se confondit en excuses, ce qui était rare cependant. Elle retrouva un semblant de calme. Après tout, il fallait bien qu'il y ait un équilibre entre le bien et le mal. Comme avec la mort et la vie. Une mort améne la vie et inversement. Il faut dire que cet aspect là de la chsoe, lui était toutefois très inconnu. Elle avait juste entendu des sorcières de Salem, pour elle, ce n'était que des légendes urbaines. Elle n'en avait jamais vu pour autant. Elle n'était pas bête cependant, ce n'était pas parce qu'on ne voyait pas certaines choses, qu'elles n'existaient pas.

-Quel est donc cet autre groupe si autre groupe il y a ? Ces bonnes femmes qui se baladent sur leur balai, existent-elles vraiment ? Ce serait complètement dément ! Quelles seraient leurs interactions avec le surnaturel ?

Elle ne pouvait s'en empêcher de lui poser ces questions avec railleries, mais c'était une situation assez cocasse. Elle était rstée vers le bureau en agitant parfois les bras, en remettant de l'ordre dans ses cheveux, en affichant une mine tantôt enhjouée, tantôt sévère. Seule une lueur d'envie luisait dans ses yeux. l'envie d'en apprendre davantage plus encore. Elle mit une de ses mains sur l'une de ses hances et le regardait avec intensité en l'invitant à débaler un peu plus de son savoir. Elle était restée dans l'optique que c'était elle l'enseignante, elle avait menée un peu la danse entre guillemets. Sa posture bien qu'elle aurait pu sonner un brin insolente était tout autre. Elle était naturelle sans vouloir chercher là à démontrer qu'il y avait pas mal de sex appeal en elle. Il n'y avait pas besoin qu'elle use de chichis pour qu'on la remarque. Elle savait le faire avec respect et dévérance.

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Featuring Jena Robertson



Thomas laissa alors la parole à la demoiselle et entra dans un silence de mort jusqu’à ce qu’elle termine son exposé. Il ne faisait pas attention à l’heure, peu lui importait qu’il rentre tard. Rien ne l’attendait chez lui si ce n’était peut-être un reste de poulet avec du riz. Mais il n’était tenu d’aucune responsabilité qui l’obligerait à couper court à cet entretien. C’est ce qu’il lui plaisait d’ailleurs, car il pourrait en profiter un maximum sans faire l’objet de contraintes d’aucune sorte. Il s’était assis, le temps qu’elle lui explique son point de vue, à la même place où la demoiselle était assise auparavant. Cela ne le dérangeait pas de ne rien faire, et de laisser sa place à quelqu’un d’autre. Pour le moment, elle ne se trompait pas, ou que de très peu. Ce qu’elle disait reflétait bien ce que le sorcier avait appris au fil des années, ou pu observer. Il eut un léger sourire nostalgique lorsqu’il se rappela son mentor. Une sorcière plus ou moins âgée, qui lui avait appris à maîtriser ses pouvoirs et concilier la force des esprits avec son propre don. La scène qui se déroulait ce soir au lycée y ressemblait quelque peu. Lui était là à écouter, pendant que le mentor lui expliquait. Il eut un brin de tristesse en repensant au corps de la sorcière, couvert de sang et meurtri par les crocs d’un vampire violent aux pulsions meurtrières. Vampire dont il n’avait toujours pas retrouvé ni la trace, ni l’identité. Et pourtant, il avait été aidé par deux chasseurs compétents, les frères Westincher, le vampire ayant tué également leurs parents. Et même à trois, le retrouver était un défi sérieux.

En regardant la jeune rouquine parler sans pouvoir s’arrêter, prise de ce feu continu qui l’avait animé lui aussi quelques années plus tôt, il chassa d’une traite ses vieux souvenirs tristes et sombres. Y songer ne servirait à rien. Il devait penser au moment présent, pour en profiter, et à ce qu’il devra faire demain. Attablé à la place de la demoiselle, il lui emprunta un stylo et un bout de papier, d’un bloc qui lui servait à prendre des notes. Il ne voulait pas la déranger pendant qu’elle faisait son raisonnement en allant se servir dans ses propres affaires, car ce serait impoli et il risquait de lui faire perdre des éléments essentiels de la logique. Il commença, au fil des mots qu’il entendait, à annoter des choses. Il y notait les principales erreurs qu’il détectait, questions qu’il aurait à lui poser, et confusions à corriger. Les sciences occultes étaient un domaine compliqué. Il était difficile de trouver les bonnes sources, et conclure sur les bonnes conjonctures. Ajouter à ça le surnaturel, avec ces milliers de créatures, qui cherchent constamment à cacher le passé et éloigner les curieux, et alors on se retrouvait avec tout un tas de « on-dit » sans queue ni tête. Contre son gré, la rouquine était tombée dans le piège de certains de ces racontars. Sans trop entrer dans les détails non plus, il pourrait lui apporter les précisions qui manquent.

Elle reposa la craie, et après une conclusion intriguée, elle lui laissa la parole. Il se releva, prenant le petit bout de papier sur lequel il avait écrit quelques morceaux de phrases, qui prirent indépendamment, ne voulaient rien dire du tout. Il passait véritablement pour un fou, aux yeux des autres.

- Eh bien, ce fut très instructif. Permettez-moi d’apporter ma pierre à l’édifice, voire d’amener vos conclusions vers un débat quelque peu plus intellectuel que ceux que je tiens habituellement avec mes élèves. Reprenons point par point, dans l’ordre de votre dissertation.

Il ne s’était que peu posé la question sur les origines de la jeune femme. Et elle semblait mieux le connaître que lui ne la connaissait. Elle faisait preuve aussi d’une grande perspicacité, mais surtout de connaissances troublantes sur le surnaturel. Soit c’était un fan inconsidéré du fantastique, et de la très populaire combinaison loups-garous/vampires, soit elle était réellement impliquée dans le monde des créatures de la nuit auquel Thomas appartenait lui aussi. Mais comme sa pensée précédente, il ne décelait en elle aucune forme de vampirisme ni l’odeur caractéristique des lycans. Il ne pensait pas pouvoir courir une menace avec elle, en lui ouvrant ses connaissances. Mais il allait quand même devoir choisir ses mots pour ne pas trop risquer sa vie. A Mystic Falls, il valait mieux avoir les yeux partout.

- Vous avez parlé d’entrer dans son esprit afin d’utiliser la manipulation psychique. Doit-on comprendre par-là que, pour vous, les vampires avaient la possibilité de manipuler les autres ? Y a-t-il un moyen de s’en prémunir ? Je dois avouer que l’idée qu’un vampire prenne le contrôle de ma tête me répugne un peu… Mais pourtant, on ne retrouve pas de traces de telles manipulations dans des légendes comme Dracula. Vous êtes certaine de ce que vous avancé ?

Il marquait un scepticisme hypocrite, en quelque sorte. Il savait très bien qu’elle disait vrai, mais il jouait le jeu. Il jouait l’ignare, volontairement. Un moyen détourné en quelque sorte pour la pousser dans ses retranchements et lui faire dire quelques informations supplémentaires sur ses origines et ses objectifs. Car Thomas était méfiant, c’était ainsi. Il n’était pas doué avec les relations sociales par passion, il restait distant et méfiant quant aux intentions de tout le monde. Et la venue de Jena, avec sa capacité de réflexion impressionnante, était un peu grosse. Déjà que s’il avait rencontré une vieille femme, hideuse et inoffensive, il n’aurait pas fait pour autant confiance. Il était donc aisé de comprendre sa difficulté à accorder à la jeune femme le bénéfice du doute. Toutefois, il choisissait ses mots finement pour ne pas l’insulter. Car au fond, quelque chose en lui disait qu’il pourrait la serrer dans ses bras. Métaphoriquement parlant, quoique…

- En tous les cas, si vous étiez « une créature de la nuit », croyez-bien que ça ferait déjà belle lurette que je me serais armé d’un pied de ces tables comme pieu improvisé pour vous tenir à l’écart. Je ne peux avoir aucune confiance envers les vampires… Il nota d’ailleurs que bien qu’il était au courant que les vampires existaient réellement, ce n’était pas forcément le cas de Jena, et préféra donc nuancer ses propos pour ne pas paraître psychopathe.- Enfin, j’imagine, aux vues des retranscriptions littéraires, qu’une telle rencontre ne soit pas plaisante.

En jetant un coup d’œil sur le papier, il tomba sur le mot suivant qu’il avait noté « orgasmique ». Il sourit en voyant ce mot, bien que l’orgasme fût une notion qu’il ne connaissait que très mal.

- En vérité, les morsures ne sont orgasmiques pour l’homme que si le vampire est suffisamment expérimenté pour cela. Donc suffisamment ancien.

Il n’avait pas de véritables fondements quant à cette conclusion. Il la tenait des quelques observations qu’il avait pu voir en vérité. Il avait ainsi pu remarquer la différence qu’il y avait entre les victimes de vampires. Les Originels arrivaient à se nourrir directement « à la source », sans que les humains ne geignent trop. Alors qu’un jeune vampire opérait une véritable boucherie. C’est ce qui permettait d’ailleurs de facilement identifier l’âge d’un vampire à partir du cadavre de l’humain. Un vampire expérimenté aura tendance à ne laisser que de très légères traces sur le corps, deux petits trous. Alors qu’un débutant pourrait s’y reprendre plusieurs fois, rater l’artère et recommencer…

Il se tourna vers le tableau, et observa soucieusement le dessin quelques secondes. Il mit son doigt sur les cercles des vampires et des loups-garous.

- Pour comprendre le fruit de leurs mésententes, il faut en réalité remonter jusqu’à leurs origines respectives et s’intéresser à leurs caractéristiques. On ne sait que peu de choses à leurs propos. Les loups-garous vivaient en Amérique bien avant l’arrivée des vampires. Les vampires ne sont apparus que bien après la découverte de ces terres par les colons. Et l’essentiel des querelles relève d’une dispute de famille, si je puis dire ainsi. Que pouvez me dire d’ailleurs au sujet des Originels … ?

Il s’était retourné pour lui poser la question. Question qui était précise et pleine de sens. Il pensait notamment aux Mikaelson, qui vivaient dans un petit village établit par les colons en Amérique, et dont la mère les avait transformé en vampire pour les protéger, suite au décès d’un des leurs face aux loups-garous. Une histoire tragique, qui aura eu tôt fait de bouleverser l’équilibre naturel, et porteuse de lourdes conséquences. Tout ceci s’étant déroulé à Mystic Falls, plusieurs siècles auparavant. De quoi frissonner.

Il restait encore un passage à détailler. Celui du groupe à rajouter. Elle avait visé juste. Il aurait pu aussi noter les Originels comme un groupe à part, mais cela aurait été de la mauvaise foi. Elle doutait d’ailleurs de l’existence des sorciers. Par contre, elle n’avait eu aucun mal à donner une existence plausible aux vampires et loups-garous. Etait-ce un aveu maladroit d’une rencontre avec au moins l’une de ces créatures ?

- Les sorcières de Salem… Ont connu une fin tragique. Leur souvenir entache encore le sol de la région, il ne faut pas se montrer impudent face à leur mémoire, car l’énergie qu’elles ont dégagée en mourant pourrait être encore aujourd’hui utilisée. Et je doute que ça le soit pour des volontés bienfaitrices.

Il n’avait pas noté les doutes de la rouquine, ne préférant pas rebondir dessus. Il n’appréciait pas que quelqu’un remette en doute l’existence de la sorcellerie, car c’était un peu sa propre existence et sa propre vie, aussi morne et inintéressante soit elle, que l’on remettait en cause également. Il préférait donc immédiatement passer à la phase où il lui expliquait la situation pour la convaincre.

- Les sorciers, car ceux ne sont pas forcément des femmes, sont la pièce angulaire de ce tableau que vous m’avez dépeint. C’est une sorcière qui créa les vampires. C’est un chaman Aztèque également qui a maudit les vampires pour leur interdire de sortir au grand jour, et imposer le cycle lunaire aux loups-garous. Que vous me croyez est important. Vous êtes venu chercher mes connaissances. Et vous ne pourrez comprendre le sujet de cette matière sans croire que la sorcellerie n’existe. Ce n’est pas dément, c’est logique.

Il effaça, avec le tampon mit à cette disposition, les dessins sur le tableau. Prenant soin de ne pas se salir les mains avec la poussière de la craie.

- Vous l’avez bien dit, les loups-garous ont un gène. On peut donc supposer qu’ils sont apparus par le biais d’une mutation, de l’évolution, tel que décrit pour l’origine de l’être humain. Mais alors, comment sont apparus les vampires ?

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Avec Thomas Leblanc


Elle songea à un instant à comment le professeur prendrait ces informations posées un peu comme ça sans réel raisonnement. Habitée par son côté impulsif, il lui arrivait de dire un peu trop hâtivement ce qu'elle avait en tête. Elle aurait pu en dire beaucoup plus, si elle poussait au maximum son raisonnement, mais où serait le plaisir, si elle lui apportait tout sur un plateau d'argent ? Elle, elle n'appréciait pas que les choses soient aussi faciles, il lui fallait de la résistance, il lui fallait faire travailler ses neurones. Par moment, il lui semblait qu'ils allaient tous exploser dans sa petite tête, mais non, faut croire que sa tête avait su endurer le lourd labeur acharné. Elle attendait la réaction de l'enseignant avec une certaine pointe d'appréhension. Il était aussi hermétique qu'elle. Il était difficile de savoir ce qu'il pensait réellement de tout cela. Il ne l'avait jamais interrompu pendant qu'elle déblatérait ses connaissances, si infimes soient elles. Il l'écoutait sagement, attendant patiemment qu'elle finisse. Même si elle devait se tromper, pensa-t-elle, il respectait cela. Elle n'avait pas la science infuse, et acceptait volontiers qu'on lui dise, non ici ça ne va pas, ce n'est pas ça, mais plutôt ça !

Thomas se leva enfin et elle fut soulagée de constater qu'il avait apprécié et qu'il ne tenait pas à ce que cet échange finisse. Même s'il ne la complimenta pas, ses paroles, flattaient l'ego de la jeune femme. Une certaine fierté. Au moins, il devait apprécier à sa juste valeur son esprit. Certaines personnes n'attendent pas qu'une personne soit attentive à ce genre de détails, en général, c'est tu me plais, je te plais, viens venons baiser sans aucun malentendu. Là, c'était différent, c'était même beaucoup plus plaisant qu'une attirance physique. Bon, elle avait aussi certains besoins, comme l'envie de plaire, l'envie de connaître ce que c'était le plaisir charnel dans les bras d'un homme. Elle en conclu dès l'or que s'il fallait qu'elle passe à l'acte, elle voudrait que ce soit lui son mentor. Elle n'avait pas jeté son dévolu sur lui comme une vulgaire midinette en mal d'amour, non, c'était bien plus profond. Elle savait de source sûre, qu'elle prendrait autant de plaisir à l'écouter à la lueur d'une bougie que s'il venait glisser sa taquine lécheuse sur sa peau. A cet instant, un frisson d'excitation dessina avec intensité chacune de ses courbes. La chaleur d'une passion constamment refoulée. Elle se concentra sur le professeur afin de retrouver de la contenance. Elle prit appui sur le bureau avec une certaine désinvolture dans les gestes. Elle ne perdait pas de vue de se concentrer sur l'enseignant et surtout, de rester très professionnelle. Avec chance, ses pulsions animales n'étaient plus que l'ombre d'un souvenir. Ses lipes dessinèrent avec incertitude, un sourire en coin quand il abordait Dracula et un muscle tressaillit au niveau de sa mâchoire. Elle lui trouva un charme fou dans son ignorance. Elle se demanda aussitôt s'il ne voulait pas la tester. Il n'était pas rare de prêcher le faux pour savoir le vrai. C'était un comportement courant chez le commun des mortels. Elle avait l'impression qu'il se méfiait cependant d'elle, même s'il ne le montrait pas. Elle s'était faite une image parfaite du brun ténébreux et si elle s'était trompée ? Non, après tout, s'il voulait mener le jeu ainsi, elle était apte à accepter. Elle se retint cependant de l'interrompre. Après tout, il avait su respecter son discours, elle en ferait de même.

Elle sourit volontairement quand il décrivit ce qu'il ferait sans doute si elle était une créature de la nuit et elle s'imaginait déjà une probable scène dans son imaginatif. Elle avait une telle imagination débordante qu'il lui suffisait d'entendre un mot pour que celui-ci prenne forme et l'envoie dans des situations improbables. C'était le cas en cet instant. Elle gloussa légèrement et garda dans un petit coin de sa tête cette petite partie afin de lui faire partager. Après tout, qui pouvait lui dire avec certitude qu'elle n'en était pas une ? Savait-il comment les différencier ? Son faciès d'ange pouvait porter à confusion, et pourtant, il n'y avait aucune méfiance dans ses propos et dans ses gestes. Elle baissa la tête un instant en observant ses pieds et l'écoutait cependant. Elle ne perdait pas une miette de ce qu'il disait. C'était même très intéressant et sa voix résonnait dans ses oreilles en une si belle caresse. Surtout quand il employait le terme orgasmique. Elle l'imaginait bien susurrer ce mot au creux de son oreille ce qui aussitôt ravit la chaleur de ses joues. Fort heureusement, elle avait la tête baissée. Elle releva la tête quand il pointa de son index les cercles dessinés sur le tableau. Elle se surprit à trésaillir à l'évocation des originels. Elle en avait entendu parler. Elle n'avait jamais fait la rencontre d'aucuns d'eux, mais était certaine qu'elle ne voudrait certainement ne jamais les rencontrer. Quoique... Elle ne sut si la question était anodine ou bien s'il avait étudié cette partie du chapitre consacrée aux vampires. Cependant bien qu'elle avait eu vent de cette génération de vampires, si tel on pouvait la nommer ainsi, elle laissa Thomas continuer sans toutefois oublier de lui répondre une fois qu'il aurait terminé.

Il aborda la partie la plus complexe pour elle : celle des sorciers. Elle regretta avoir manqué de jugement et de s'être montrée quelque peu arrogante quand elle en avait parlé. Finalement, pourquoi ils ne pouvaient pas exister ? Après tout, si les vampires, lupins existaient, pourquoi pas les sorciers ? Tout en l'écoutant, elle se trouva cruellement inculte. Peut-être que le professeur ne s'intéressait qu'aux personnes de sa trempe à la culture étoffée. Elle aurait voulu se terrer dans un trou de souris, alors qu'elle sentait le sol se dérober sous ses pieds. Elle paniqua à la simple idée qu'elle puisse sembler inintéressante et qu'il finisse par s'en désintéresser par lassitude. Elle n'aurait pu lui en vouloir. Elle comprenait. Après tout, si elle venait à ses cours, c'est qu'elle avait encore beaucoup à apprendre. Sa conscience aimait bien la torturer, ou bien était-ce le fruit de sa compagne la solitude qui tapie dans l'ombre observait la scène démunie. Bah oui, elle n'appréciait pas fortement la présence de cet illustre personnage. Non, il fallait qu'elle agisse et le souhait qu'elle émit en silence s'échappa de ses doigts au moment où la rouquine se plaça devant le professeur.

-Bien, allions l'utile à l'agréable, commença t-elle avec un petit sourire narquois. Si j'étais une enfant de la nuit, une belle vampire, imaginez-vous une splendide créature qui vous brûlerez la rétine, je ne sais pas, ouvrez votre esprit aux plus sombres fantasmes. Elle continuait de le dévisager avec une certaine lueur éclatante dans les yeux. Il était difficile pour la jeune femme de soutenir son regard sans éprouver le besoin de le toucher si ce n'est simplement de le toucher par les mots. Elle dut se faire violence plus d'une fois pour ne pas lui sauter dessus comme une malpropre. Fort heureusement, il lui restait des restes de son éducation très disciplinée. Elle regrettait par moment de ne pas s'être rebellée.

-Hummm ? Où en étais-je ? demanda-t-elle comme pour elle-même. Ah oui ! la manipulation psychique des vampires ! Tout en eux, n'est que manipulation psychique. A votre avis, pourquoi marquent-ils autant les esprits et les coeurs ? Outre le fait qu'ils dégagent un charisme impressionnant, il ne faut pas oublier leur capacité à s'imprégner de nos émotions. Comment pourrais-je expliquer ça... ?! Elle se gratta la tête un instant comme si elle cherchait une idée qui allait jaillir de sa tête. Humm... C'est assez délicat en somme d'aborder ce sujet sans paraître fanatique ni aliénée. Oh rassurez-vous, j'ai toute ma tête, enchaînait-elle avec assurance et un soupçon de raillerie. C'est juste que je n'ai pas envie de passer à vos yeux pour une ignare. Ça n'a aucun sens vraiment, puisque je n'ai cure de ce que les gens en général pensent de moi, mais ce n'est pas le sujet, reprit-elle. Je pourrais à cet instant, dans l'optique où je suis une jolie et jeune vampirette, vous manipuler afin que vous oubliez tout de cette soirée... Juste en plongeant dans vos yeux mon regard perçant et en vous parlant. Juste avec le son de ma voix. J'imagine que ce serait aussi facile que ça. Si on n'en parle peu dans les livres, c'est que les auteurs où que les victimes de cette manipulation, aient complètement oublié cette infime partie, finit-elle avec un clin d’œil.

Pendant qu'elle le dévisageait, elle se perdit sur son cou. La curiosité est un vilain défaut, mais ayant constaté qu'il n'avait aucun bijou, elle trouvât étonnant, qu'il en portait un à cet endroit stratégique. Oui, car certaines personnes portaient des pendentifs pour se protéger d'éventuelles attaques vampiriques en y incluant de la verveine. Elle n'en avait jamais utilisé au grand dam de sa prétendue famille. Tout en le regardant, elle dégagea son cou et tira sur la ficelle. Elle examina l'objet de sa convoitise et lui jeta un coup d’œil en coin tout en affichant un sourire en coin lui aussi.

-De la verveine ? Elle lui avait demandé cela sans vraiment attendre de réponse positive ou négative. Elle n'était pas idiote en somme. Elle avait déjà relâché l'objet et recula d'un pas. On peut éviter une attaque de vampire grâce à la verveine.Le pieu aussi peut dissuader un vampire, encore faut-il avoir de bons réflexes.

Elle s'interrompit et son corps commença à lui rappeler, qu'il lui manquait sa dose quotidienne de nicotine. Au fil des années, la cigarette n'était devenue qu'un besoin. Elle aurait pu aller choper un chewing-gum dans son sac, mais elle ne voulait pas qu'il croit qu'elle voulait mettre fin à l'entrevue. Elle repensa aux paroles du professeur et elle se félicita de n'avoir rien perdu. Elle se rappelait encore de tout ce qu'il avait dit, même depuis le début.

-Vous me demandiez ce que je savais à propos des Originels ? Humm... ? On dit que ce sont les premiers vampires, les plus puissants qui soient. On ne peut pas les tuer avec un pieu standard. Si un des Originels meurt, c'est toute sa lignée qui meurt avec lui. Remarque, ça en ferait des morts ! Ce n'est pas drôle pardon, dit-elle tout en essayant de retrouver son calme alors qu'elle venait d'éclater de rire. Je ne les connais pas personnellement et croyez-bien que je ne voudrais certainement pas à me frotter à eux...

Ce n'était pas tout à fait vrai. dans le fond, elle savait pertinemment que ce qu'elle chérissait, c'était d'en rencontrer un dans sa triste vie, ne serait-ce un. Il paraît qu'il émane en eux un monde fait de ténèbres, enfin c'était ainsi que sa mère les décrivait. Elle disait parfois qu'on pouvait voir l'enfer s'ouvrir sous leurs pas. C'était un fantasme qui ne s'accomplirait sans doute jamais.

-En ce qui concerne les sorciers, je vous crois, je tends à vous croire sincèrement, continua-t-elle avec un sourire enjôleur, je n'ai pas envie de rester sur des préjugés. Vous avez l'air d'en connaître un peu plus que moi en ce qui concerne les sorciers. Donc permettez-moi d'oublier volontairement votre dernière question en ce qui concerne l'apparition des vampires, nous aurons le temps de l'aborder, je n'en ai aucun doute...

Elle lui tourna le dos pour aller s’asseoir, prenant son sac en silence et attrapa son paquet de chewing-gum. Elle savait que c'était malpoli de parler avec quelque chose dans la bouche, remarquez, ce n'était pas comme si elle allait manger un phallus. Elle savait très bien parler très distinctement sans donner l'impression de mâchouiller un truc.

-Voila, il y a quelque chose qui me surprend. Vous ne sentez pas le chien mouillé, vous n'êtes pas non plus un vampire puisque j'ai pu sentir la chaleur qui se dégageait de votre cou-quand elle évoqua cela, ses joues se mirent à virer au rouge instantanément-pourtant, vous m'avez l'air de quelqu'un défendant ses convictions quand il s'agit de parler des sorciers. Vous n'avez réagit aussi intensément lorsqu'il s 'agissait des vampires, peut-être à cause de votre croix portée au cou, mais là, j'ai fait l'erreur de m'amuser des sorcières de Salem et vous m'avez semble-t-il été sur la défensive.

Elle déglutit histoire de reprendre haleine et qui pouvait lui en vouloir de poser ce genre de questions après tout ? N'avait-il pas dit qu'elle avait un esprit vif ?!

-Vous ne semblez pas effrayé ni même outré que je vous dise cela aussi délibérément. Je ne pense pas que ce soit lié exclusivement au feu qui vous anime lors de vos cours. Quel est donc votre secret Mr Leblanc ?! De quoi avez-vous peur de sorte que vous en veniez à porter de la verveine autour de votre cou ?

Elle souriait en coin. Elle était prête à mettre sa main au feu, ce professeur n'était pas banal. Il y avait quelque chose en lui qui la poussa à percer ce mystère. Oh, ce n'allait pas être une mince affaire, mais le jeu en valait la chandelle. Plus elle passerait du temps avec lui, et plus cela lui serait bénéfique. Puis, il était très intéressant, un brin charmant même s'il ne le savait probablement pas.


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Featuring Jena Robertson



Thomas n’avait que peu capté les réactions de Jena, et ses joues qui devenaient rouges par moment. Il était captivé. Captivé par l’intérêt qu’elle lui portait, ainsi qu’à la matière. Il n’avait jamais réussi à obtenir un tel attrait avec ses autres élèves. Ceux-ci étaient bien trop occupés à se caresser le nombril tout en se prenant en selfie pour accorder une once de curiosité à l’histoire. Il avait parfois l’impression de faire cours à une bande de poulets. Et c’est ce qui l’exaspérait le plus dans le métier qu’il exerçait aujourd’hui. Heureusement que parfois, il y avait des personnes comme la rouquine, pour vous redonner un peu d’énergie et de baume au cœur. Ce soir-là, il se sentait revivre un peu plus que les jours passés. Sans doute cela se verrait-il sur son visage, qu’on lui disait parfois assez enfantin. Il n’avait pas peur de paraître idiot à sourire béatement. Encore moins comment il était concentré sur son sujet, et par son interlocutrice. La jeune femme avait réussi à agripper sa curiosité, et à tenir en haleine l’historien quarantenaire. Ce n’était pas chose facile, encore moins ces derniers temps où il s’était senti légèrement descendre dans la morosité et la routine quotidienne. Il était accroché aux lèvres de la jeune femme. Ces mêmes lèvres qui semblaient aussi rebelles que la jeune femme en elle-même. C’est du moins l’attitude qui ressortait d’elle. Probablement du fait qu’elle soit rousse. Peu importait en réalité, car en plus, elle faisait preuve d’intelligence et de politesse. Lorsqu’elle lui demanda de s’imaginer une créature de la nuit, une splendide créature, il lâcha, bien malgré lui, un commentaire discrètement et approbateur :

- Aucun mal pour ça…

Alors qu’il continuait de fixer Jena. Il venait de se surprendre lui-même, et leva immédiatement les mains pour s’excuser de l’interrompre. Thomas avait surtout honte de ce qu’il venait de dire. C’était à la fois irrespectueux envers la jeune femme, mais en plus il lui coupait la parole, et c’était pour dire quelque chose de totalement stupide, digne d’un de ses élèves pré-pubères. Ça ne lui ressemblait pas, et ça lui faisait peur. Il dut se concentrer sur ce qu’elle disait, non content qu’elle reprenne son fil rapidement, pour qu’il puisse tourner la page mentalement et classer dans un coin définitivement ce souvenir étrange. Comme pour se redonner bonne contenance et bonne conscience, il prit un air faussement sérieux en croisant les bras, relevant celui de droite pour venir supporter le menton. Pendant qu’il hochait la tête d’un air entendu et affirmatif au fur et à mesure qu’elle parlait. Car non seulement elle disait des choses vraies, mais en plus, elle le disait bien. Et sa voix était plutôt agréable à entendre. Cette dernière pensée fugace fut rapidement chassée de son esprit. Bien qu’il reconnaisse apprécier la manière dont parlait Jena, était que de peu intérêt dans la situation actuelle. Autant ne pas encombrer sa tête avec de telles sottises dignes de mener vers le pêché de luxure.

Elle le tira de ses réflexions internes lorsqu’elle l’interrogea sur la verveine. Il s’apprêtait à lui donner une réponse, après avoir pris le temps de chercher ses mots un instant, mais elle ne lui en donna aucunement l’occasion. Elle venait de prendre le bijou qui lui pendait au cou, alors qu’il était en parti caché par ses vêtements. Il avait été quelque peu prit sur le fait par un tel contact physique, sorti de nulle part. Il baissa le bras qui était sur son menton aussitôt, se redressant comme un piquet, en cessant de bouger le temps qu’elle fasse son inspection. Ouvrant légèrement la bouche en bégayant un « euh » totalement inutile. Il était étonné par deux choses. Premièrement, qu’elle soit au courant de l’existence de la verveine, et de ses effets sur les vampires. Deuxièmement, qu’elle puisse avoir une main qui paraisse si fragile et douce, mais tout aussi agile. Le contact lui avait donné le frisson, et ça c’était réellement senti. Il remarqua alors à partir de ce moment toute l’attirance qu’il affectait à la jeune femme. Elle cultivait l’intelligence, la curiosité, et elle avait une petite dose en elle qui criait la désinvolture. Un zeste d’esprit rebelle par la chevelure rouquine, donnant lieu à l’imagination d’aventures, et un physique assez séduisant. Il se rendait compte qu’il n’avait pas fait attention à ça jusqu’ici, et qu’elle était loin d’être une femme comme les autres. Du moins, de son point de vue à lui.

Mais il y avait ce quelque chose qui le surprendrait jusqu’à ce qu’il sache la vérité. Elle n’était vraiment pas une créature, un monstre. Ni une sorcière. Autant jusqu’ici le doute pouvait subsister, mais le contact physique avait éloigné tout soupçon. Il l’aurait senti. Personne jusqu’ici n’avait pu passer outre son « scanner » de sorcier. Même les Originels avaient été tout de suite repérés. Les sorciers avaient ce don de sentir cette énergie, propre à chaque personnage surnaturel… Et elle semblait partager la même conclusion que lui, puisqu’elle s’assit pour l’interroger à ce sujet. Cependant, elle n’avait pas triché en utilisant la magie pour en arriver jusqu’à cette question, et s’était servi de sa tête pour en tirer les bonnes conclusions. Sur ce point, elle venait de le battre, et il le reconnaissait volontiers. Elle venait de l’acculer dans un coin, de par ses questions vives et bien placées, et il baissa la tête sur le côté en haussant les sourcils, comme légèrement impressionné. Il ne l’avait pas vu venir celle-là. Il s’était préparé à la bombarder de question, car au fond, il restait méfiant mais elle l’avait fait en première. A Mystic Falls, il fallait avoir les yeux partout, si on voulait en sortir indemne. Et comme en plus, il lui arrivait d’avoir à traiter avec les sinistres Mikaelson, il y avait de quoi ne pas dormir sur ses deux oreilles paisiblement. Et une femme jolie, perspicace bien que timide, débarquait soudainement, cela portait à confusion.

- Je… Oula… Ca a le mérite d’être direct. Vous sembliez pourtant bien me connaitre, tout à l’heure, quand vous m’avez parlé de vos recherches sur… Mes travaux et moi.

Il s’était rapproché d’elle, pour discuter. Comme si la tournure de la conversation imposait un dialogue plus intime et discret, et qu’il ne faudrait pas qu’un passant ne les entende. Il s’approcha de l’endroit où elle était assise, et il prit lui-même une chaise pour se placer à ses côtés. Il fit une mimique avec sa bouche, dévoilant un état de pleine réflexion. Il cherchait à savoir comment introduire les choses, et s’il devait ou non lui faire confiance. Son instinct lui criait intérieurement qu’elle était clean, qu’il pouvait y aller franco, et lui faire tout encaisser d’un coup. Mais, ce n’était pas si évident. Il gardait encore de mauvais souvenirs de la mort de son amie sorcière, après un excès de confiance auprès d’un homme, qui s’était révélé être un vampire exagérément sociopathe sur les bords.

- Mais appelez-moi Thomas, par pitié. Je ne suis pas votre père. Du moins, presque pas. Il tenta un sourire, comme pour prendre son courage à deux mains. Il n’avait jamais jusqu’ici avoué sa condition de sorcier à une humaine. Je ne vous ai pas totalement dit la vérité, ni tout ce qu’il y a à savoir jusqu’ici. J’en suis désolé. Je comprends que vous vouliez que je ne mente plus désormais, mais je devais être sûr que vos attentions étaient… A défaut d’être bonnes, au moins qu’elles ne me nuiraient pas. Je suis moi-même… Un sorcier.

Il s’arrêta de parler, préférant démontrer par les gestes plutôt que par la parole la suite de son argumentaire. Il était plus facile de convaincre une personne en lui donnant des faits concrets, quand lui sortant toute une série de théories et d’histoires. Il se leva, et se déplaça jusqu’au mur, pour appuyer sur les interrupteurs et éteindre toutes les lumières, sauf une, d’histoire de quand même voir un minimum. L’ambiance semblait quelque peu sinistre, surtout avec les révélations qu’il venait de faire. Il se donna pour mission de remettre un peu de joyeuseté dans tout ça. Il ferma les yeux pour se concentrer, et imagina la scène dans sa tête. Ce qui se transposa dans la réalité. Les néons au plafond s’allumèrent chacun leur tour en rythme, au son d’une musique douce, digne d’une comptine pour enfant, qui semblait sortir des lampes elle-même. Il dura quelques notes, avant que son esprit n’oublie la suite et qu’il ne doive s’arrêter. Il n’avait pas fait un geste.

- J’aurais pu faire une prestation plus… Impressionnante et captivante, mais j’avais peur de vous effrayer… Je n’aurais pas aimé vous mettre mal à l’aise.

Il ralluma aussitôt toutes les lampes, comme si de rien n’était, inspirant quelque peu, mitigé sur la réception de cette information auprès de la jeune femme. Elle lui plaisait bien, et il serait peiné qu’elle refuse de le revoir à cause de ça, ou qu’elle ne parte précipitamment. Il vînt s’assoir en face d’elle, plaçant le dossier de la chaise en face de lui sur lequel il laissa reposer ses bras, couchant sa tête par-dessus.

- Mais avant que vous ne me fassiez part de vos ressentis quelconques, c’est à votre tour j’ai envie de dire. Vous êtes qui, mademoiselle Robertson ? Pardonnez-moi d’être si curieux envers votre vie personnelle, mais vous n’êtes que récemment arrivée à Mystic Falls, et pour une humaine… Vous en connaissez des choses. Et dans cette ville, rien n’arrive par hasard. Je veux savoir, car je dois savoir… Comment connaissez-vous l’existence des vampires ? Des loups-garous ? C’est Niklaus qui vous envoie … ?

Il avait laissé s’échapper la dernière question, alors qu’il aurait aimé ne pas la prononcer. Il avait une certaine inquiétude dans la voix. Si c’était effectivement l’Originel qui envoyait la jeune femme, comme pour le punir ou le manipuler, alors Thomas était dans de beaux draps. Et il avait vraiment peur que ce soit le cas. Autant parce que cela voudrait dire que la soirée agréable qu’il venait de vivre n’aurait été qu’une chimère au service de viles manipulations, mais qu’en plus, il allait avoir des ennuis…

© Crédit Balou - 2016



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Avec Thomas Leblanc


A dire vrai, Jena ne connaissait rien de l'enseignant. Elle connaissait ses recherches, tout ce qu'il y avait à savoir en apparence. Le reste, c'était comme voyager dans le néant le plus total. Il n'était pas dangereux, elle le sentait, bien qu'elle n'avait aucune réelle perception des choses. Il ne fallait pas perdre de vue, qu'elle restait une humaine à part entière. Alors oui, elle afficha un petit sourire satisfait quand il reprit le fil de la discussion, oui, elle avait épluché tout ce qu'il y avait sur internet. Mais au fond, qui était-il vraiment ? Il n'y avait rien à part son historique professionnel. Ses études, les cours qu'il donnait. Les commentaires parfois désobligeants de ses élèves qui le prenaient pour un simple d'esprit. Pourtant, Jena savait qu'il n'était pas si simple. Il n'était pas fou non plus, mais pouvait-on en vouloir au commun des mortels ? Si elle n'avait pas été confrontée à tout cela dès son plus jeune, elle serait restée elle aussi dans l'ignorance la plus totale. Au moins, elle avait laissé son esprit s'ouvrir à toutes les possibilités inimaginables. Au début, elle aussi, elle ne croyait pas à ces sornettes. Elle pensait sincèrement qu'on se fichait d'elle. Après avoir mûrement réfléchit, il y avait des choses pour lesquelles on ne pouvait vraiment pas donner une réelle signification. Certains croyaient aux fantômes, d'autres n'y croyaient pas. C'était ainsi. On ne pouvait pas forcer tout le monde à croire au surnaturel. Il continuait à parler, semblant hésiter sur la manière d'aborder les choses. Elle acceptait volontiers qu'il soit méfiant envers elle, c'était une attitude normale ceci dit. Elle était méfiante au premier abord, mais avec lui, elle n'avait pas eu besoin de se cacher. Il y avait quelque chose en lui, qui la poussait à la confidence, même à lui poser des questions. S'ils avaient été interrompus, pour sûr qu'on les prendrait pour deux fous à lier. Ça, c'était bien le cadet de ses soucis. Elle ne voulait pour rien au monde que cet instant s'achève. Elle tenait temps à partager tout un tas de choses avec lui. Même les choses les plus intimes, bien qu'elle ne se risquerait pas à lui annoncer ouvertement "on baise ?". Il évoqua ses attentions, et eut un bref sourire, comprenant éventuellement qu'il devait être sûr qu'elle ne lui ferait aucun mal. Non, elle ne souhaitait en aucun cas lui faire du mal. Il était bien trop précieux, et puis, il n'y avait rien d'austère en lui. Si elle avait pu avoir la chance de contempler son aura, elle était certaine que celle-ci serait d'un blanc immaculé. Tout était pureté, il avait une certaine timidité dans ses mots, dans ses gestes, une certaine pudeur. Elle commençait vraiment à l'appréciait. Pourtant, d'ordinaire, Jena ne se familiarise pas avec ce genre de détail, mais avec lui, c'était différent. Elle pouvait se mettre à nu si facilement.

Elle cessa de respirer quand il lui confia qu'il était un sorcier. Son monde ne s'écroula pas. Elle ne s'était pas préparée à une telle révélation. Au moins, il avait été honnête. Elle n'avait pas eu si peur que ça, c'était à la fois effrayant et excitant. Après que son appréhension fut partie, elle laissa sa place à la fascination. Elle le regardait en silence quand il éteignit les lumières. Un seul néon, éclairait faiblement la salle, donnant une atmosphère mystique. Elle reprit une respiration normale, et étudia dans l'ombre le professeur. Il était incroyablement séduisant. Il était cruellement professionnel et il mettait tant d'ardeur dans ce qu'il entreprenait. Elle se demandait ce qu'il allait faire, mais au lieu de se montrer impatiente, elle attendait sagement. Et là, quelque chose d'incontrôlable se produisit. Les lumières s'allumèrent tour à tour, dans un mutisme impeccable. Elle ne put retenir un "Putain" (en français) tant elle était subjuguée. Ses yeux s'étaient illuminés. Il y avait belle lurette qu'elle n'avait pas été en admiration à ce point. Un lot d'émotions s'étaient engouffrés dans l'esprit de la belle, tandis que ses yeux étaient remplis de larmes. Elle avait tellement au fil des années, refoulait ses émotions, qu'elle ne put les retenir tant elles étaient fortes. Elle dut admettre que c'était une scène qu'elle n'était pas prête d'oublier. Elle était envahie par une vive émotion, qu'elle laissa perler ses larmes sur son visage. Elle les essuya d'un revers de main, et elle retrouva une certaine contenance.

Il revint vers elle et s'assit en silence. Elle n'avait pas bougé d'un poil. Elle grava dans sa mémoire ce qu'il lui avait partagé et en profita, pour s'assoeir sur le bureau tant il lui semblait qu'elle allait plier sous son poids. Non pas que c'était effrayant, mais, c'était si saisissant. C'était inouï. C'était si soudain et si... Elle plongea ses grands yeux bleus sur lui tandis qu'il lui posait des questions. Elle ne s'offusqua pas. Après tout, il avait dévoilé une partie de lui, elle se devait d'être aussi sincère avec lui. C'était donnant donnant. Le souci, c'est qu'elle était déçue de n'être rien d'autre qu'elle. Lui il avait cette particularité qui lui donnait la chance d'être un personnage différent. Il avait certaines facultés, alors qu'elle, elle n'avait rien pour elle. Elle laissa le silence s'installer afin de chercher comment commencer et surtout par quoi ?! Et si cette banalité était redondante ? Il s'en fichait probablement des embûches par lesquelles elle était passée. Savoir pourquoi précisément elle était ici. Pourtant, il semblait avide d'en apprendre un peu plus sur elle. Elle ne prit pas cela pour de la curiosité malsaine. Après tout, elle s'était elle aussi montrée curieuse à son égard au point de venir le voir et oser l'affronter. Enfin, cela ne ressemblait en rien à un affrontement. C'était même très agréable. Elle mâchouilla une dernière fois son chewing-gum qu'elle envoya par la suite au fond de la poubelle en ayant pris soin de l'envelopper dans un papier qu'elle avait ramassé à l'aveuglette. Elle avait retrouvé sa mine de tous les jours et seul un petit sourire timide illumina son visage qui pourtant d'ordinaire, semblait terne et vide de toute émotion.

-Je suis moi, Monsieur Leblanc... Elle se mordit la lèvre tout en repensant à ce qu'il lui avait dit. Il lui avait donné l'autorisation de l'appeler simplement par son prénom, chose qu'elle avait apprécié.

-Rassurez-vous, je ne viens pas de la part de cet Originel, dit-elle en insistant sur le mot Originel avec un certain dédain dans la voix. D'ailleurs, elle avait déjà entendu ce nom de la bouche de sa prétendue famille, mais ne l'avait jamais vu en chair et en os. Elle ramena une mèche de ses cheveux derrière l'une de ses oreilles et le regarda avec intensité.

-Je ne vous veux aucun mal, continua-t-elle avec un peu plus de douceur dans la voix, de toute évidence, je pense que vous seriez apte à vous sortir de ce mauvais pas, si je vous tendais un piège, faisant allusion à ce qu'elle avait admiré peu de temps avant. J'en ai d'ailleurs encore des frissons, c'était tellement beau. Vous avez de la chance de posséder un tel don, bien que parfois, certains y trouvent une connotation damnée. Je ne sais pas, je dois envier les personnages originales et hors du commun. Je me trouve tellement banale, ma vie l'est tout autant. Parfois, réfléchissant quelque peu avec soin aux mots qu'elle pouvait employer, j'aimerai pouvoir posséder quelque chose qui me rendrait attrayante aux yeux des autres.

Elle s'interrompit un instant tout en se levant du bureau et de faire quelques pas. Elle s'installa sur l'estrade tout en le regardant et allongea ses jambes. Elle posa ses mains avec naturel et élégance sur ses cuisses.

-D'aussi loin que je me souvienne, j'ai été bercée dans ce monde. Ma famille, elle grimaça à cette évocation et un muscle sauta au niveau de sa mâchoire, ma famille donc, reprit-elle, était une famille de chasseurs. Pas des chasseurs de gibiers, des chasseurs de loups-garous et de vampires. Il y avait un code d'honneur à suivre, mais eux, ne le suivaient plus. Ils étaient dictés par des ambitions bien plus sombres, traquant sans relâche toutes les créatures qu'ils croisaient sur leur route. J'ai vu des choses ignobles, pour moi, c'étaient eux les monstres ! Ils séquestraient les lycans, les vampires dans un entrepôt, leur faisant les pires saloperies qu'on peut imaginer que dans les pires cauchemars. Je devais assister à leur folie, je n'avais pas le droit de baisser les yeux, et souvent, j'étais tellement dégoûtée par ces visions d'horreur, que je vomissais ou m’effondrais, tellement c'était insoutenable.

Elle déglutit en silence. pendant qu'elle parlait, instinctivement, ses mains s'étaient repliées sur elles-même. Dans ses yeux, l'enseignant aurait pu y lire toute la détresse, l’écœurement aussi. Elle était tendue et elle n'arrivait pas à dompter ses émotions. Jusqu'à présent, on lui dictait quoi faire, comment se comporter. Elle essayait tant bien que mal de se retrouver et de devenir cette personne qu'elle avait tant refoulée. Ce n'était pas une vie pour une enfant d'être confrontée à tant d'épouvante.

-Vous savez, je n'ai pas voulu ce qui est arrivé, dit-elle comme si elle avait été pris la main dans le sac. C'était comme si elle se confessait et qu'elle voulait à tout prix obtenir le divin pardon. J'en ai eu assez je pense de tout cela, il était temps que cette monstruosité s'achève.

Elle s'était levée tout en soupirant bruyamment.

-La veille de mes dix-huit ans, j'ai mis fin à tout ceci. J'ai incendié toute ma famille, je voulais les punir, et j'étais même prête à me sacrifier car, j'avais été façonnée à leur image. Je ne voulais pas devenir indirectement, leur bébé monstre. Je n'aspirais pas à vivre dans ce monde fait de rage. Je désirais qu'on puisse tous vivre égaux. Qu'on puisse tous partager cette terre et accepter l'abomination sans vouloir à tout prix la bannir. Je ne sais pas par quel miracle je m'en suis sortie, car, je vais avoir du mal à vous faire gober ça, mais j'ai moi-même sentie que je sombrais dans les méandres éternelles. Pourtant, je me suis réveillée alors qu'ils étaient tous autour de moi, devenus un tas de cendres.

Sa voix vacillait, ses lèvres tremblaient elles aussi. Elle se surprit à tout dire. C'étaient des choses pourtant qu'elle n'avait jamais révélées à personne. Elle s'était jurée de vivre avec ça, sans jamais y faire mention, et là... Elle se sentait en confiance et n'avait pas peur de son jugement.

-J'ai été profondément marquée, mais le plus surprenant encore, c'est que mes jambes avaient pris feu... Je me souviens encore de cette douleur, de ce feu qui s'insinuait en moi. J'aurais pu perdre mes membres et pourtant... Il y avait quelqu'un ou quelque chose qui m'a secourue ? mes jambes ont gardé des séquelles, mais... Ce n'étaient plus que des cicatrices... Des marques qui sont encore gravées pour me rappeler mon geste odieux. Oui, je garde encore cette culpabilité au fond, mais je ne l'ai pas fait par vengeance.

Elle lui sourit malgré tout, un sourire franc bien qu'un brin timide. Elle n'était pas là pour qu'il la blâme. Elle parlait avec maturité sans se plaindre. Il y avait tant de sincérité et bien que c'était une évocation d'événements douloureux, elle garda une certaine contenance.

-Vous savez, je pense que si l'un de nous devrait avoir peur de l'autre, ce serait plus à vous de fuir ou bien de faire en sorte qu'on me punisse. Je n'en avais jamais parlé jusqu'à présent. je n'attends pas de vous de la pitié, ni même je-ne-sais-quoi... J'ai entendu dire que le sang des vampires, pouvait soigner et si c'était ça, pourquoi, j'ai encore ces marques ?! Et si, c'était de la magie ? Jusqu'à présent, je m'étais voilée la face, refusant obstinément d'y croire, mais si en quelque sorte, c'était ça ? Si je suis là, à Mystic Falls, c'est aussi parce que, j'ai découvert après l'incendie que j'étais née ici. Ma famille, m'a enlevée à ma mère alors que j'étais encore dans son ventre. Ma génitrice, a été attaquée par un lycan, d'après ce que j'ai lu. Ils l'ont tuée après ça, pour s'assurer qu'elle ne nuirait pas à son tour. Je suis consciente que ça fait beaucoup de choses à assimiler, même moi, parfois je me sens perdue. Je ne comprends toujours pas pourquoi je suis encore là alors que je devrais être être sous terre en train de subir le courroux de ma famille en enfer, finit-elle avec un petit ricanement.

Elle finit par se détendre malgré les circonstances. Bien qu'elle redoutait sa réaction, elle avait réussit à lui parler sans crainte apparente. Forcément, après de telles révélations, il était difficile de dire exactement comme son interlocuteur allait appréhender tout ça. Lui rirait-il au nez ? Appellerait-il les autorités ? Lui demanderait-il de s'en aller afin de ne plus la voir devant ses yeux ? Elle s'imaginait tout un tas de scénarios car elle n'était pas du tout confiante malgré ce qu'elle tentait de laisser paraître.

-Pour appuyer mes dires, je suis prête à tout vous montrer, peut-être qu'en voyant les choses sous un autre angle, vous pourriez trouver une réponse plausible. Ce serait politiquement indécent surtout si on venait à nous déranger, et surtout parce que, je ne me suis jamais dévoilée nue...

Dans sa voix, cela sonnait comme une déception, à son âge encore, elle n'avait jamais rien fait charnellement, elle n'avait jamais accepté son corps, bien qu'elle fut obligée de vivre avec ce poids sur la conscience.


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Featuring Jena Robertson



Il n’avait pas bougé de sa chaise quand elle commença à lui répondre. Elle savait capter l’attention autant que lui. Il s’adossa sur le dossier, posant les bras tout le long, et sa tête vînt se reposer par-dessus le tout. Il était comme un enfant écoutant l’histoire du soir, avant d’aller se coucher. Si cet enfant avait la quarantaine, une barbe poivre et sel, quelques rides et des cicatrices. Il ne rata aucun mot qu’elle prononça, ni aucune expression faciale ou comportementale. C’était ce qu’il avait appris durant ses années à étudier. Il ne comprenait peut-être pas l’essentiel des comportements sociaux, il avait néanmoins comprit à déchiffrer certaines mimiques. Observer était son principal hobbies, puisqu’il n’avait pas énormément de contacts directs avec les gens. Et cela ne le dérangeait pas plus que cela, puisqu’au final, il n’était pas en pleine possession de ses moyens dès qu’il y avait plus d’une personne qui lui parlait. Il fallait le voir en conférence, à lutter contre la nervosité pour ne pas perdre pied dès que plus de deux personnes viennent à l’interroger directement, devant le public entier. C’était assez ironique au fond.

Jena commença à raconter son histoire, et partager avec lui certains souvenirs. Des souvenirs douloureux, il le comprenait bien. Thomas avait bien remarqué qu’elle tentait de paraître naturel mais que les paroles ne débitaient plus aussi aisément qu’auparavant. Il fallait dire qu’il y avait de quoi. Les faits relatés semblaient effectivement atroces, et peu de gens pouvaient se vanter d’avoir eu une enfance aussi meurtrie. Cependant, il ne la jugeait pas. Le professeur s’était enfermé dans ce mutisme, respectant le silence et ne voulant pas l’interrompre. Elle vivait un moment compliqué, et avouer cela à voix haute pouvait l’aider. Il devait faire en sorte que cela soit une libération, pas une condamnation. Esquisser une grimace, la juger ou émettre un quelconque geste perturbateur pourrait la traumatiser à vie de cette période de sa vie et avoir des conséquences psychologiques permanentes. Et elle pourrait ne plus jamais vouloir lui parler également.

Il la regarda sans bouger d’un cil, l’écoutant parler. Quand elle eut finit, il ne broncha pas. Elle ne lui semblait pas être une menace. Encore moins après toutes ces révélations. Sans aucun doute, le commun des mortels l’aurait prise en pitié. Ou l’aurait traité de menteuse. Mais pas Thomas. Il voyait au-delà de ça. Il voyait une femme qui avait vécu dans un groupe dont elle ne partageait aucun trait, aucune valeur. Qui pourtant, n’a pas baissé les bras quand il a fallu prendre les choses en main. Qui était prête à mourir pour ses convictions, quitte à tout sacrifier sur son passage. Une femme qui avait survécu à tout cela, et qui pourtant, continuait de se maudire intérieurement. Il y a encore quelques années, Thomas aurait déclaré en bon prêtre qu’il était, que sa guérison relevait d’une volonté divine. Comme un « cadeau » du Seigneur pour avoir mis un terme à des massacres atroces. Et bien qu’il était convaincu que ce Seigneur existait toujours, malgré ses découvertes sur nombre de choses, de la magie et du surnaturelle, il savait que la raison de la guérison de Jena était tout autre.

Il se leva, rangea la chaise, en silence. Et il lui proposa sa main pour l’aider à sa relever également, avec un souvenir bienveillant. Il fouilla dans son cartable pour en tirer un petit porte-monnaie, faisant glisser quelques pièces sur la paume de sa main. Il compta, toujours sans rien dire, les pièces, avant d’en ranger deux. Il releva la tête vers la rouquine.

- Venez, il se fait tard. On va finir par s’écrouler si on reste ici. Je vous offre un café.

Il n’attendit pas qu’elle accepte pour commencer à y aller. Il marcha jusque la porte, et l’ouvrit.

- Vous m’excuserez, ce n’est pas le grand luxe ici. Il faudra se contenter d’une vulgaire machine à café industriel. Au moins peut-elle faire des « expressos ».

Il s’avoua, ainsi positionné dans l’encadrement de la porte, que cela pouvait être une transition quelque peu perturbante. Elle venait de lui ouvrir la porte de sa vie, et lui semblait n’en avoir rien à faire, comme s’il n’avait pas écouté la moindre chose qu’elle lui avait dite. Conscient de cet état de fait, il ajouta :

- Vous n’êtes pas si banale, Jena Robertson. Je connais peu de gens, voir personne en fait, qui n’ait vécu ce que vous avez vécu, et qui ait autant de courage pour en parler. Probablement que j’aurais échoué à votre place. Même avec mon don. Vous n’êtes pas comme eux, cela se voit. Et vous le savez, au plus profond de vous. Depuis le début, vous avez rejeté ce qu’ils faisaient. Vous valez mieux que ça. Le plus important, c’est que vous alliez bien aujourd’hui, et que ces massacres aient prit fin.

Il sortit dans le couloir, comme pour la forcer à le suivre. Ce n’était pas toujours évident de suivre le professeur, entre ses réactions sur un coup de tête, et ses méthodes quelque peu énigmatiques. Et encore, il faisait un effort pour ne pas qu’elle ait du mal à tout assimiler. Alors qu’il la guidait dans le lycée, jusque dans la salle de repos des professeurs où se trouvait ladite machine, il continua de lui parler. Il n’avait pas honte de monopoliser ainsi la parole. Il y avait tellement de chose à dire. Tellement de chose à éclaircir, à partager.

- Vous n’êtes pas obligée de me montrer vos marques. Gardons cela pour plus tard, quand vous aurez repris confiance en vous. Vous me mettez une colle sur ce coup, mais si cela est important pour vous, je peux vous aider à trouver ce qui vous est arrivé…

Il ne mentait pas. Il n’avait pas besoin de voir les marques pour être convaincu de son histoire. Il était curieux oui, et habituellement sa curiosité n’avait aucune limite. Mais là, il sentait qu’il irait trop loin s’il lui demandait de faire une telle chose. Venant de quelqu’un d’autre, il n’aurait pas hésité à acquiescer. Pas cette fois. Il s’arrêta devant une porte, qui ressemblait pourtant à toutes les autres, et la déverrouilla avec une clé. Il laissa Jena entrer, puis entra à son tour, après avoir allumé la lumière. Il referma, sans la verrouiller, la porte derrière eux. Il n’enclencha pas tout de suite la machine à café, préférant attendre un peu, et tira une chaise pour qu’elle puisse s’assoir. Il s’assit sur la chaise en diagonale, pour être face à elle, sans donner l’impression d’un interrogatoire.

- Mon histoire à côté de la vôtre est monotone et pathétique. Vous voyez que vous avez cette originalité qui vous démarque de la masse. Sans aucun doute, vous êtes là à vous demander pourquoi je dis cela, ce n’est que du passé maintenant. Mais ce passé a forgé qui vous êtes. Vous avez dû apprendre à manier les armes, et vous défendre physiquement. Vous avez appris à être courageuse, et forte, dans les moments difficiles. Vous n’avez pas baissé les bras. Cessez donc de vous dénigrer. Vous avez de quoi… Faire impression. Personnellement, je le suis…

Il se leva, reprenant en main les pièces de monnaie. Il s’avança vers la machine, et commença à insérer la monnaie et appuyer sur l’un des boutons. Il s’était pris un café bien fort, et sans sucre.

- Vous avez suffisamment de connaissances de base pour aller plus loin. Vous avez un esprit volontaire. Vous êtes en plus modeste, peut-être trop d’ailleurs. Faut-il que je continue de vous jeter des fleurs ?

La machine venait de terminer son travail. Il ramassa le gobelet et attrapa un petit bâtonnet en plastique qu’il utilisa pour bien mélanger sa boisson, certains grains ayant la fâcheuse habitude de mal se dissoudre, sinon. Il demanda à Jena si elle souhaitait quelque chose, et quoi surtout. Café, chocolat chaud, expresso… Il y avait le choix. Une fois cela fait, il se rassit sur la chaise. Il recula ses doigts du gobelet, constatant qu’il était brûlant. Léchant le petit bâtonnet en plastique avant de le reposer sur la table en bois.

- Quand est-ce que vous voulez commencer votre apprentissage ? Je… N’ai pas besoin que l’on me paye, je vous oblige à ne pas me payer d’ailleurs… Je ne vous laisse pas le choix. A la seule condition que je puisse vous appeler Jena.

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Avec Thomas Leblanc



C'était toujours avec appréhension qu'elle regardait l'enseignant. Elle déglutit en silence tandis qu'il se leva et rangea sa chaise. Il n'avait rien dit jusqu'alors, ils 'était contenté de rester dans un total mutisme, même son visage n'avait rien exprimé. Il lui tendit une main, était-ce cette fameuse main dont on parlait, qu'il fallait attraper afin de ne pas sombrer ? Était-ce une façon à lui de dire qu'il serait là, qu'il allait l'aider ? Était-ce lui qui finirait par être sa bouée de secours ? Bien qu'elle n'aimait pas forcément le contact humain, n'étant pas habituée à cela, elle prit sa main avec douceur et se leva avec grâce. Elle se libéra bien assez vite comme ayant senti une certaine décharge électrique. Cela n'était pas déplaisant bien évidemment, c'était même plutôt agréable. Il faut dire, qu'il avait une telle bonté en lui, qu'il était difficile pour elle de raisonner convenablement. Était-ce quelque chose de dangereux, de malsain ? Ce n'était pas conventionnel du tout et pourtant, même si elle devait admettre que c'était le bordel dans sa tête à cet instant, elle laissait volontiers ce sentiment agréable l'envahir. Elle avait peur pourtant, mais il était tellement bon de parfois, de ne plus avoir le contrôle sur toutes ces choses. Après tout, n'était-elle pas une humaine ? Qui y avait-il de mal à se laisser de la sorte ? Cela la rendrait encore plus humaine, même si en dehors de cela, elle avait une peur panique.

Thomas agissait étrangement, peut-être que ce genre de révélations lui avait foutu un coup sur la tête ? Peut-être qu'il ne s'attendait pas à tant d'horreur ? Il ne s'était pas préparé à ça et puis, qui donc était capable de supporter tout cela d'un coup, lâché comme ça de but en blanc, malgré toute la sincérité qu'il y avait en elle ? Pourtant, Thomas, lui proposa de lui offrir un café. Il était vraiment bizarre. Il n'avait pas peur ou à moins que c'était une façon déguisée de l'amadouer, de l'emmener hors de la salle et de l'enfermer afin de pouvoir se débarrasser de ce fléau trop dérangeant ? Alors qu'elle allait rétorquer qu'il n'avait pas besoin de faire tout cela, il s'éloigna jusqu'à la porte, et l'informa que ce ne serait qu'un simple café. Bien qu'elle avait des goûts de luxe, bien que toute sa vie n'avait été que richesse et luxe, elle savait qu'elle apprécierait ce petit café. Il semblait pas enclin à se débarrasser d'elle, ou alors, il savait se montrer très persuasif. Alors qu'elle s'avançait tranquille pour le rejoindre, il enchaîna. Et là, ce fut comme prendre une claque, mais pas le genre de claque qui vous fait mal, une claque qui vous fait prendre conscience de la réalité, le genre à vous ouvrir les yeux. Elle était touchée par ses paroles, elle n'osait pas sourire cependant, il était déjà à l'extérieur de la pièce, et elle le suivit tout en restant un instant dans ses pensées. Elle ne savait pas comment aborder toutes ces choses, cela semblait tellement irréaliste. Elle n'avait jamais été confrontée à un tel cas de figure. Il avait réussi à lui faire ressentir des choses, qu'elle semblait tellement enterré profondément, que jamais, elle n'aurait cru qu'elles remonteraient si vite. Il y avait une sorte de pincement en son cœur, elle se sentait presque comme vidée de toute cette hostilité qui régnait à l'intérieur d'elle. Elle sourit quand il continua un peu plus loin dans le couloir en lui avouant qu'elle lui avait mis une sacré colle. Et à elle donc ? Il l'avait désarmée, il avait réussi à lui faire ressentir des choses, certaines choses plus plaisante que d'autres. Il avait cette douceur sans fin, une façon délibérée de dire les choses. parfois il donnait le sentiment d'être complètement perdu lui aussi, comme si ce monde qu'il connaissait bien, lui échappait quelque peu, et puis quand il avait ce petit moment de répit, il arrivait à retrouver la force de reprendre le contrôle sur les choses. Enfin, c'était l’impression que Jena avait eu de lui. Elle le trouvait toujours assez énigmatique. Tout ce qui l'importait à cet instant, c'est qu'il ne faisait aucun chichi, peut-être que dans le fond, il la considérait comme une pauvre petite chose fragile, peut-être pour cela qu'il tenait tant à la réconforter en lui sortant ce charabia. Et pourtant... Il y avait une telle sincérité, qu'après s'être assise, Jena lui sourit tout en levant ses yeux tendres et les posa sans violence sur le visage de Thomas.

Il se releva comme gêné par la situation. Il y avait certaines choses, même si elles étaient trop subtiles pour être comprises par Jena, elle avait décelé cette défaillance dans sa voix, comme s'il n'était pas habituel pour lui d'avouer ce genre de choses. Elle ne dit rien cependant. Elle ne voulait pas le taquiner bien que l'envie était tentante. Elle voulait garder cette pseudo-confiance naissante intacte. Il était hors de question de la briser, ou bien de venir titiller sa virilité au risque de le voir s'éteindre. Il était volontaire, il avait tant de fougue en lui, c'était comme si les mots sortaient délibérément sans qu'ils ne puissent rien contrôler. Il avait retrouvé cet aplomb, cette franchise. Il n'y avait plus cette légère défaillance comme s'il savait lui aussi contrôler ses émotions. A moins, qu'il n'aimait pas lui non plus se montrer faible ? Après tout, elle n'irait pas le blâmer pour si peu. Le souci, c'est qu'elle ne voulait pas plonger dans le genre d'illusions qu'on se farde se forçant à croire à toutes les conneries qu'on nous envoie. On doit les boire sans jamais douter de la sincérité de l'autre. Pourtant, certains savent très bien enfiler le masque des beaux jours pour faire croire au grand amour, pour attirer davantage l'autre dans les filets d'un engrenage sans aucun moyen de faire machine arrière. Elle avait peur de cela Jena. Elle avait peur de s'ouvrir, elle avait peur qu'après ça, on l'abandonne à son triste sort. Elle avait accepté cette main tendue, et bien qu'il lui semblait sincère, une partie d'elle, resta en alerte. Il n'y avait rien de méchant dans ses yeux et elle resta suspendue à ses lèvres, ses lèvres dont elle désirait tant connaître la saveur, la douceur... Elle sursauta presque quand il lui demandant ce qu'elle souhaitait.

-Il manque le pot qui va avec les fleurs, dit-elle avec un sourire taquin, un café m'ira parfaitement.

Un simple café dont elle espérait qui lui redonnerait un peu de contenance. Elle prit le gobelet tout en le posant machinalement sur la table, et mit ses coudes sur la table tout en posant sa tête sur mes mains comme pour la soutenir, non pas parce qu'elle était lourde, c'était juste pour pouvoir davantage contempler cet homme qui avouons-le, l'attirait peu à peu. Il accepta de l'aider, en retour, elle avait l'interdiction de le payer. Jena fronça les sourcils tout en mimant une mine boudeuse. Le genre de moue qui était là dans le but de le taquiner et elle reprit très vite son sérieux. Mais avant qu'elle ne réponde, elle s'avança un peu plus vers le professeur, prenant garde à ne pas renverser son café, et posa ses lèvres contre les siennes. Ce fut rapide et délicat, un peu comme si les ailes d'un papillon s'étaient posées sur ses fameuses lèvres. Bien que c'était un geste intime, il y avait une certaine réserve dans ce geste. Elle rouvrit les yeux après s'être libérée de cette furtive étreinte et elle prit son café pour en boire quelques gorgées comme si elle cherchait à se cacher. C'était la première fois que ses lèvres rencontraient la bouche d'un autre, pour un autre, ce n'était rien qu'un bécot à la française, rien de significatif en somme. C'était plus comme pour le remercier. Elle n'avait pas cherché à le mettre dans une sale position, elle était d'ailleurs bien lucide, un peu trop d'ailleurs. Elle ne tenait pas à s'excuser de ce geste car il avait été spontané. Elle n'était pas de ce genre là. Enfin, elle espérait toutefois, qu'il ne la voie pas ainsi, car certainement que cela l'embêterait grandement et elle ne tenait vraiment pas à ce qu'il décide de mettre fin à cet échange sous prétexte que cette idée saugrenue, l'avait profondément perturbé.

-Il n'y a aucune raison à ne pas accepter que vous m'appeliez Jena, dit-elle dans l'espoir que ce geste ne reste pas tant gravé dans leur tête. Vous m'avez donné le droit de vous appeler Thomas, donc, cela ne me dérange nullement.

C'était bien vrai même ! Elle repensa aux paroles de l'enseignant quand il lui avoua que sa propre vie à lui était bien triste et monotone. Elle voulait se risquer à lui demander si elle l'était toujours après ce vif baiser, mais elle n'osa pas le faire. C'était comme avouer impunément que ce geste l'avait chamboulée et que dans le fond, même si ça avait été un bref échange, il lui avait fait du bien. C'était comme si, elle avait retrouvé ses forces peu à peu. Elle en voulait pas que cela devienne son problème, le sien, le leur. Elle l'impressionna sans doute un peu plus encore, mais même si cela lui brûlait les lèvres, même si elle se faisait violence pour ne pas retrouver ce goût de chair, c'était elle qui était impressionnée. Elle l'avait tellement été, qu'elle avait réagit bêtement, comme une adolescente en proie à ses premiers émois. Elle était tellement ridicule qu'elle se maudit intérieurement. Il fallait qu'elle trouve une échappatoire. Il fallait qu'elle arrête de se torturer pour si peu. Si peu ? C'était quand même un grand bouleversement, c'était quand même une première ! C'était tellement agréable qu'elle en redemanderait presque...

-Je ne voudrais pas empiéter sur votre temps libre vous savez, dit-elle pour briser le silence. Je n'ai aucune obligation si ce n'est de revêtir mon habit de chasseuse, annonça-t-elle avec raillerie. Pour rester sérieuse, ce sera comme vous le sentez Thomas, je m'adapterai à vous...

Elle laissa cette phrase en suspend, tout en remarquant qu'elle l'avait appelé par son prénom, sans buter dessus, comme cela avait pu se produire dans la classe plus tôt. Elle sourit malgré tout, avec cet air faussement prude. Elle finit sagement son café tout en ne cessant de le regarder.

-Ecoutez, je ne sais pas ce qu'il m'a pris quand je vous ai embrassé, dit-elle comme pour s'excuser. Je promets que ce genre de chose ne se reproduira plus, enfin pas tant que vous serez mon professeur...

Elle réalisa que ce n'était pas une attitude à adopter aux devants d'un enseignant, ce genre de relation était aussi dangereuse qu'interdite. Elle regrettait finalement de s'être proclamée élève, elle le regrettait plus qu'il n'y devrait. Elle s'en voulait même de l'avoir fait, de l'avoir mentionné comme si le simple fait d'y repenser ne lui suffisait pas, non. Il fallait qu'elle sente cette pseudo-douleur, que ça s'imprègne dans son esprit comme la lame glaçante d'un poignard qui lui déchirerait la chair. Cela donnait un effet masochiste, mais elle avait besoin de cela pour se réveiller. Elle ne pouvait pas continuer ainsi en se demandant perpétuellement si elle avait fait une erreur. Si c'était le bon moment de le remercier ainsi, elle qui n'avait jamais éprouvé le besoin de remercier quiconque. le plus pathétique en somme, c'est qu'elle avait peur de son rejet, qu'il cherche une excuse en béton armé pour lui avouer qu'elle n'avait pas dut. Elle avait peur qu'il se réveille, éprouvant un certain dégoût dans son geste. Qu'il la jette comme une chaussette trouée qui ne servirait plus à rien.

-Ne me laissez pas dans l'ignorance, dites au moins quelque chose, supplia-t-elle presque au bord des larmes. Je peux tout entendre, insista-t-elle, je peux tout encaisser vous savez. Dites-le que c'était con de ma part de faire ça ! Allez-y dites-le ! Ne me forcez pas à quitter cette pièce avec toutes ces interrogations, avec toutes ces choses nocives qui me traversent la tête...

Elle s'était quelque peu radoucie, même si au départ, sa voix s'était un peu plus élevée que la normale. Elle attendait comme un oiseau dans sa cage qui attend sa pitance. Elle ne tenait pas après mûre réflexion, à quitter cette pièce sans qu'il ne lui foute sa baffe. Elle avait besoin de l'entendre dire tout ce qu'elle redoutait, mais c'était un besoin fondamental pour elle. Puis comment pouvait-il savoir que sous ce baiser chaste, sous ce baiser teinté de pureté c'était un premier vrai échange ? Elle venait de goûter pour la première fois au fruit défendu et cela l'avait profondément marquée si ce n'est pour dire troublée...



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Quand ses lèvres entrèrent en contact d’un élément chaleureux, humide et étranger, Thomas perdit son sourire. Elle venait de l’embrasser. Il ne s’y attendait pas vraiment. C’était plus que spontané sur le moment. Cependant, sa réaction s’expliquait plus par sa surprise que par un réel mécontentement. Il devait s’avouer à lui-même que c’était plutôt gratifiant qu’un tel baiser, aussi minuscule et furtif soit-il. C’était la preuve qu’il pouvait plaire à quelqu’un. Qu’il pouvait faire de l’effet, auprès de personnes qui elles-mêmes pouvaient lui procurer un petit quelque chose. Car bien que peureux socialement, et timide, il ne vivait pas dans le déni : la jeune femme qui était actuellement devant lui dégageait une certaine sensualité qui ne le laissait pas indifférent. Il ne lui en voulait pas pour le bisou. En fait, si, il lui en voulait un petit peu. Elle l’avait pris par surprise, ne lui laissant aucune chance d’esquiver ou se défendre. Quoique s’il l’avait esquivé, cela aurait peut-être créé une gêne quelque peu problématique entre eux. Ce n’était peut-être pas si mal, au final. En tout cas, le fait qu’il ait perdu la main sur cette partie de la conversation, le laissa légèrement rose au niveau des joues. Il ne savait pas comment enchaîner sur ça, si ce n’est par laisser son oxygène sortir dans un petit soupir gêné et confus.

Agitant la touillette dans le petit gobelet contenant le café, il écouta la réponse de Jena. L’atmosphère s’était à nouveau détendue depuis qu’ils s’étaient installés ici. L’histoire lugubre de Jena était derrière, et le besoin de sortir tout ça, d’extérioriser les souvenirs douloureux, s’était calmé. Au point que la jeune femme pu se concentrer sur de nouveaux aspects qui lui étaient sans doute encore inconnus.

C’est du moins l’impression qu’il a eu en la voyant reprendre le dessus sur la conversation. Elle ne se montrait pas craintive, ni timide. Elle l’appela même par son prénom. Cela sonnait tout de suite moins formelle sur le coup. Avec ses jeunes lycéens, il préférait garder une certaine distance. Que cela soit de professeur à lycéen, et que donc la relation se limite à « Monsieur Leblanc », ou « Monsieur » à la limite. « Professeur » pouvait être une alternative. Mais jamais, ô grand jamais, il n’avait laissé un jeune l’appeler par son prénom. C’était à la fois un manque de respect, et une proximité beaucoup trop immorale d’un point de vue éthique, entachant la capacité à enseigner correctement. Cependant, Jena, jusqu’à preuve du contraire, n’était plus lycéenne, ni une simple adolescente. Elle restait jeune, cela dit. Mais quand même, il fallait prendre en compte le facteur adulte, et également le fait qu’elle n’était pas à proprement son élève. Il pouvait jouer sur les mots, pour confirmer son argumentaire. Il donnait des cours du soir, mais ceux qui y participaient n’étaient tenus d’aucun statut socio-professionnel clairement défini, et encore moins de quelconques obligations envers lui ou envers son « cours ». Tant que le respect était de mise. Les participants pouvaient venir, et repartir, autant qu’ils le voulaient. La politesse était juste le point central, et la seule condition à ses cours du soir. Évidemment, il y avait un léger coût monétaire. Il ne donnait pas un tel cours pour le plaisir de parler. Mais cela restait tellement dérisoire.

- Enfin bon. Voilà qui était… Surprenant. Loin d’être triste et monotone.

Il ne fit aucun autre commentaire sur le petit baiser qu’elle venait de lui faire. Elle semblait suffisamment gênée pour ça, tant elle se perdait en excuse et en enchaînement. Intérieurement, Thomas réfléchissait à toute allure. Il ne savait pas comment il devait prendre cette nouvelle tournure des évènements. Il n’avait jamais vraiment expérimenté ce genre de relation avec quelqu’un. Il n’avait jamais été aussi proche d’une personne, que ce soit une femme ou un homme. Autant dire qu’il n’était déjà pas très à l’aise avec le public, alors là, il était totalement dépassé par les évènements. La rouquine continua à parler, doucement. Elle ne se montrait pas pressante, et heureusement. Car Thomas n’aurait pas apprécié devoir agir avec impulsivité, dans l’urgence. Il prenait souvent des décisions quelques peu idiotes ou incohérentes dans l’urgence, quand il se sentait acculée. Au point de regretter régulièrement ce genre de choix qu’il prenait.

Néanmoins, elle perdit rapidement pied. Thomas n’avait pas parlé depuis, c’était sans doute compréhensible. Elle semblait aussi sensible que lui sur ce point-là, et le fait qu’il reste silencieux avait dû la déstabiliser. Il écouta chacune de ses questions, de ses paroles. L’absence de prise de parole du professeur n’était pas une volonté machiavélique de sa part de la torturer, loin de là. Il cherchait juste à mettre de l’ordre dans ses idées, à les trier, et calmer le jeu de ses émotions. Car dans sa tête c’était le ballet infernal des pensées. Pensées fugaces, pensées réprobatrices, pensées timides, pensées sexuelles, et tant d’autres pensées aussi inutiles qu’encombrantes. Quand il s’aperçu qu’elle semblait totalement décontenancée, sa raison le rappela à l’ordre. Il était probablement resté trop longtemps silencieux, et devait absolument prendre la parole.

- Peut-être n’est-on pas obligé… Euh… D’envisager le fait que vous soyez mon élève.

« Mais… Mais qu’est-ce raconte là ? » Aurait été la réplique parfaite du cerveau de Thomas en se regardant à travers une caméra, avec le recul. S’ils avaient pu décrire la réaction du cerveau de Thomas en émoticône, on aurait pu envisager le célèbre « facepalm » où un petit bonhomme se frappe le front de dépit face à la bêtise.

Sur le coup de l’émotion toujours, le sorcier avait sorti une phrase quelque peu à côté de la plaque, loin du sens réel auquel il voulait accorder les choses. Il se mordit les lèvres, prenant acte plusieurs secondes plus tard, de ce qu’il venait de dire. Lui avait l’idée dans sa tête, il savait que ce n’était pas méchant, mais que cela ressemblait plus à une invitation. Mais il fallait avouer que d’un point de vue externe, la phrase ressemblait plus à un énorme râteau. Un licenciement était sans doute plus supportable que ce qu’il venait de lui balancer à la figure. Il bégaya, cherchant ses mots, pour tenter de rattraper sa bourde. Il tentait de trouver une tournure de phrase beaucoup plus compréhensible, et qui était dénuée de tout fait blessant.

- Je veux dire… Que je vous aide dans vos projets… Mais que je ne sois pas officiellement votre « professeur ». Une relation… Plus… Personnelle ?

Cette phrase avait sans doute un sens un peu plus concret de la manière dont il voyait les choses. Il se mordait les lèvres, à l’idée qu’elle ait pu se sentir insultée ou blessée par son comportement. Car même si elle l’avait embrassé, cela ne l’avait pas totalement dérangé. Lâchant la touillette qu’il tenait toujours du bout des doigts, pour la poser sur la table, sans faire attention aux gouttes de café qu’il laissait traîner sur la table au passage.

- Je… Je ne sais pas ce qu’il vous a pris de faire ça. Mais… Ne vous excusez pas. Et je n’accepterais pas la contradiction sur ce point. On est d’accord ?

Voilà que la contenance revenait peu à peu. Ses joues avaient repris couleurs habituelles, et c’était tant mieux. Il avait également moins chaud. Souffler. Souffler était la clé pour se calmer, enfin, c’est ce qu’il se dit. Car les secondes ont toujours l’air d’être des heures quand on est rouge pivoine.

- Je suis désolé d’être si… « Coincé » face à ça…. Je n’ai jamais vraiment vécu une telle chose auparavant, je me retrouve comme un enfant devant un problème mathématique. Les yeux écarquillés, la tête relevée en arrière, bras tendu, comme si je tentais de mettre un maximum de distance avec le « problème mathématique »…

Il but sa première gorgée de café, se brûlant au passage la langue et la gorge, dans une grimace qu’il ne dissimula pas.

- Jolie métaphore, n’est-il pas ?

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Avec Thomas Leblanc



Jena se rassit malgré tout. Elle ne savait plus qu'elle attitude adopter. Elle avait très mal réagi et elle ne savait vraiment pas quelle mouche l'avait piquée à cet instant. Elle se rappelle encore du goût de ses lèvres et même si c'était juste un frêle baiser, il l'avait complètement chamboulée. Ce n'était pas désagréable, c'était au contraire très intense et fabuleusement enivrant. Il était même dommage qu'elle ne l'ai jamais fait auparavant. Au final, ce n'était pas dégoûtant, malgré ce qu'elle avait toujours pensé. Elle étudia le professeur en silence qui était resté dans un mutisme affligeant. Cherchait-il avec soin les bons mots pour ne pas lui faire du mal ? C'était inutile, Jena était capable de gérer un râteau. Elle était bien capable après tout ce qu'elle avait enduré. Elle ne le pressa pas davantage et il brisa le silence même si cela semblait tellement dérisoire à ses oreilles. Elle l'avait surpris et que dire d'elle ? Elle avait fait cela sans vouloir le faire au final. Ce n'était pas délibéré. Il avait été fait sans aucun regret. Elle n'avait pas cherché à ce que cela se produise. Lui non plus à dire vrai. Avait-il apprécié ? Elle ne savait pas. Elle espérait juste qu'il ne soit pas dégoûté. Il aurait été dommage qu'il le soit alors que ce n'était pas son objectif. Elle se sentait complètement nulle, vraiment pathétique. Elle se sentait coupable d'avoir eu ce genre de geste avec lui. Elle était conne ! Vraiment au plus haut point ! Si cela se trouvait, il avait trouvé ça humiliant ! Il se sentait peut-être tellement humilié qu'il en avait perdu l'usage de sa voix ? Non parce qu'il continua à parler mine de rien. Sa voix qui transperçait ses oreilles. Elle aurait pu remercier en silence ce prétendu Dieu tout en se concentrant de nouveau sur ce qu'il avançait. Rien n'avait de sens à ce niveau. Elle ne comprenait pas où il voulait en venir. Il n'y avait rien de mal, juste un fichu baiser, rien qu'un baiser, mais voulait-il signifier quelque chose. Signifiait-il quelque chose à cet instant ? Elle ne pourrait répondre à la place du professeur, mais pour elle, oui, il l'avait sacrément marquée.

Elle ne répliqua pas, acceptant le fait qu'il ne voit pas les choses de son même point de vue. Après tout, il avait le droit de les voir différemment. Elle ne prendrait pas la peine de lui faire remarquer qu'elle se sentait blessée, pas après tout ça. Il ne savait pas comment réagir et elle ne pouvait pas le blâmer. En aucun cas, elle ne se permettrait de lui faire savoir que sa phrase était nulle à chier. D'ailleurs, il reprit sur le même ton, comme s'il cherchait à expliquer davantage à faire passer plus facilement la pilule. Pourtant vu sous cet angle, les mots lui paraissaient moins amers que la première fois. Quel genre de relation envisageait-il ? Etait-il aussi autant déboussolé que ça ? Effectivement, il semblait que ce baiser n'avait pas produit l'effet escompté. Il semblait désorienté, il avait perdu ses mots. Jamais elle n'avait pensé qu'un tel geste pouvait désarmer autant. En même temps comment pouvait-il en être autrement ? Elle se mettait volontiers à sa place. Si elle s'était trouvée à sa place, elle aurait réagi pareil. Enfin à peu de choses près. Elle n'avait jamais été confrontée à ça, donc il était difficile de se mettre à sa place avec autant d'intensité qu'elle le souhaitait. Il rajouta par la suite qu'elle ne devrait pas s'excuser et un fin sourire ourla ses lèvres quelque peu tremblantes. Elle aurait voulu expirer cet air qu'elle avait tant emmagasiné, mais n'en fit rien. Elle le regarda un peu plus davantage tout en remarquant qu'il était incroyablement séduisant avec ses joues teintées de rose. Cela lui donnait un certain charme non négligeable.

Elle préféra cependant baisser la tête et regarder son gobelet vide et il continua de parler malgré tout, retrouvant peu à peu ses mots. Il n'avait jamais vécu ce genre de choses. Elle le regarda un peu bêtement avec des yeux de merlans frits tandis que les mots s'échouaient jusqu'à ses oreilles. Il n'avait pas perdu de son humour pour le coup. Comment ne pas rire face à ça ? Jena retrouva aussi ses esprits et accusa le coup. Elle n'aurait jamais pensé être celle qui ferait perdre ses moyens au professeur.

-Un problème ? Belle métaphore en effet ! Comment peut-on venir à bout de ce problème Thomas ?

Jena lui sourit malgré tout histoire de détendre l'atmosphère et surtout pour l'aider elle-même. Elle en avait bien besoin. Elle soupira même juste assez pour ne pas que ce soit pris comme un geste d'agacement.

-Ecoutez, je ne veux surtout pas que vous vous imaginez que c'est quelque chose que je fais régulièrement. Enfin embrasser hein... C'est même... Je suis comme Jeanne d'Arc. Oui, aussi blanche qu'une colombe ! Donc, n'allez pas croire que je fasse ça avec le premier venu...


Elle se tut après coup. Peut-être qu'il n'avait jamais entendu parlé de la pucelle d'Orléans ? Elle avait rajouté la mention de la blanche colombe pour appuyer cette expression. Il ne fallait pas oublier, qu'il n'était pas français non plus de base comme elle.

-Je ne voudrais pas vous mettre dans une situation inconfortable. Mon but premier, c'est de ne pas m'envoyer en l'air avec mon professeur, loin de là cette idée... Je ne voudrais certainement pas que vous vous pensiez obligé d'entretenir une autre sorte de relation avec moi. Je suis venue pour trouver des réponses, vous acceptez de me les fournir gracieusement, et j'apprécie vraiment ce geste... Je ne suis...

Elle baissa la tête tout en attrapant le gobelet vide et se leva pour le jeter dans la poubelle.

-Je ne suis pas sûre de pouvoir m'engager dans ce genre de relation... C'est compliqué... Je ressemble tellement à un monstre sans aucun vêtements ! Je ressemble à un truc moche, comment pourriez-vous accepter ça ?

Elle ne retourna pas vers la table. Elle resta plantée vers la machine tout en l'observant sans que lui ne puisse le faire.

-Je n'ai pas le droit de vous imposer ça ! En plus, c'est ça dont il est question, je m'impose dans vos cours sans que vous puissiez crier gare ! Je suis là, à m'imposer encore alors que vous envisagez une autre forme de relation entre vous et moi. Je n'ai pas à m'imposer de la sorte... Pourtant...

Elle s'arrête tout en venant retrouver sa place et s’assied en silence face à Thomas...

-Pourtant... Je n'ai pas envie de quitter cette salle et de ne plus vous revoir. C'est débile ! Complètement pathétique même... mais comment résoudre ce gros problème ? Vous savez je ne saurais expliquer ce qu'il se passe dans ma tête, c'est un bordel pas possible... Je suis venue plusieurs fois assister à vos cours, peut-être que vous ne m'avez jamais remarqué, mais j'étais là, chaque semaine à boire vos paroles... Il y a quelque chose qui m'attire chez vous, mais je ne veux pas vous donner l'impression d'être une fille facile. Je... C'est la première fois que je peux parler avec quelqu'un sans ressentir une appréhension quelconque. Je n'ai pas peur de vous parler de ce monde que je côtoie depuis ma plus tendre enfance. Je vous ai parlé de cet accident, alors que jusqu'à présent je le taisais. Je culpabilisais... Je ne sais pas... Avec vous, j'ai l'impression de me retrouver, de n'avoir aucune crainte ni jugement de votre part... Si la seule crainte, c'est d'imaginer que vous ne voyez là qu'une vulgaire rouquine qui ne cherche qu'à papillonner pour obtenir ce qu'elle désire...

Elle se renfrogne contre le dossier de la chaise tout en posant ses mains sur ses cuisses et se mord les lèvres afin de retenir tous ces mots qui ne cessent de lui brûler la langue...

-Essayons de voir où tout ça nous mène. Si c'est nouveau pour vous autant que pour moi, pourquoi ne pas tenter quelque chose ? Je n'ai rien à perdre, vous n'avez rien à perdre, au contraire, j'imagine que j'ai tout à y gagner. Vus puisez le meilleur en moi, pourquoi vouloir tourner le dos à ça ? C'est même agréable. Promis Thomas, je ne vous embrasserais plus à votre insu...

Un sourire se dessine sur les lèvres bien trop pâles de la rouquine.

-On peut essayer de se voir dans un terrain neutre ? C'est vrai qu'ici, c'est pas envisageable pour "construire" un truc... Je ne veux pas vous voir comme un professeur, enfin... Vous êtes libre de refuser... A ce compte là, si vous refusez de vous faire payer, oui bien que là, ça ferait de vous une catin, laissez-moi de temps à autre vous payez un repas... Enfin pas de dîner romantique hein, juste histoire de grignoter tout en évoquant toutes ces choses... Qu'en dites-vous ?


Elle ne cherchait pas à le presser non, elle posait cartes sur table pour envisager la meilleure des solutions possibles. Après tout, il était encore libre de revenir sur tout ça. C'était peut-être une idée farfelue ? Que pouvait-elle savoir sur ces choses après tout ? C'était tout nouveau pour elle aussi...



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Featuring Jena Robertson



Jeanne d’Arc. Voilà une arrivée impromptue à laquelle il ne s’y attendait pas. Le moyen-âge européen avait été une période riche en évènements, et l’ignorance du reste du monde par l’Europe, faisait que la majorité des connaissances sur l’époque ne concernent que les faits majeurs du vieux continent. Et des légendes, il y en a à la pelle. Thomas ne connaissait effectivement pas trop l’histoire de Jeanne d’Arc, si ce n’est les récits catholiques en son honneur. Une femme, en dialogue avec le Seigneur, pour sauver la France. Il se souvenait avoir lu une thèse, du moins, le résumé, sur Jeanne d’Arc. L’auteur avait fait le lien entre cette histoire et des modèles de propagande. Un choix risqué et polémique d’argumentation, mais pas forcément faux. Tout comme la science, l’Histoire n’est que l’application de l’explication la plus « plausible ». Car rien ne doit être retenu comme véritablement vraie, quand on se base sur des témoignages et des hypothèses.

Mais ce n’était pas ce qui préoccupait le professeur pour le coup. Le souvenir de quelconques lectures ou connaissances historiques ne s’était même pas faufilé jusque sa matière grise quand le nom du personnage célèbre avait été prononcé. Pour la première fois, toute sa concentration se tenait sur ce qui constituait un être humain, bien vivant pour le coup. Elle semblait perdre à nouveau confiance en elle. Il était amusant de voir comment la jeune rouquine pouvait, à un moment, faire preuve d’un courage inouïe pour la minute d’après se retrancher sur elle-même, comme un animal apeuré. Il ne savait pas trop quel air affiché face à ça. Devait-il sourire, au risque de donner l’impression qu’il se moque d’elle ? Devait-il afficher un air sombre, au risque de lui faire croire qu’il était en colère ? Devait-il rester neutre, au risque qu’elle puisse penser qu’il s’en fichait royalement ? Car non, il ne s’en fichait pas. Non, il ne voulait pas la rabaisser, ni la blesser. Et non plus, elle ne lui imposait rien. Tout ce qu’il faisait, ou disait, c’était parce qu’il en avait envie. Plus ou moins inconsciemment. Mais il ne savait pas bien le dire, ni le montrer, visiblement. Elle prenait tellement de soin à choisir ses mots, et nuancer ses propos… Jena devait croire qu’il était soumis, trop gentil et obligé d’obéir, au risque de mettre de côté ses véritables envies. Ce qui n’était pas du tout le cas. Il était volontaire.

Ensuite, elle disparut derrière la machine. Il se pencha en avant pour mieux la distinguer, pendant qu’elle restait en retrait, à s’auto-infliger un jugement qui n’aurait pourtant pas lieu d’être. Le professeur ne préféra pas la couper, même si le désir l’en démangeait. Il fallait qu’elle le dise, il fallait qu’elle extériorise ce qu’elle pense d’elle. Même si cela peut faire mal, c’est le seul moyen pour qu’elle avance, et tire un trait. Et plus tard, cela lui fera du bien. Alors, oui, Thomas se tut, pour l’écouter et la laisser parler. Même si pour lui, tout ce qu’elle pouvait bien dire n’était que fumisterie. Il ne la connaissait peut-être pas, pas autant qu’il le voudrait dans l’immédiat, mais le peu qu’elle lui avait laissé voir était beaucoup trop optimiste pour être qualifié de « monstre ». Les yeux fixés sur l’ombre de la jeune femme, le professeur affichait un air compatissant… Comprendra-t-elle qu’il ne la jugeait pas ?

Puis elle revînt s’assoir. Par moment, dans ces réactions émotionnelles intenses, Jena pouvait lui mettre le doute. Il ne savait pas sur quel pied danser exactement. Il craignait tellement de faire un mauvais pas, et de tout gâcher. C’était inconscient, et tellement stupide. Il le savait. Il ne pourrait jamais faire un sans-faute, indéfiniment. Et pourquoi cette folie de la perfection ? Il n’en trouvait même pas la réponse.

Quand le silence s’interposa à nouveau entre eux, et qu’elle eut finit de tourner vers lui toutes ses interrogations, il put enfin intervenir. Et mettre les choses au clair.

- A aucun moment je ne vous ai imaginé comme cela, Jena. Reprenez mes paroles, mes questions, mes sourires… Je ne me suis jamais senti obligé de quoique ce soit avec vous. Je le fais, parce que j’en ai la plus stricte des envies.

Il avait posé ses mains à plat sur la table, pendant qu’il se tenait en avant sur la table. Il voulait se rapprocher d’elle, pour lui parler, et donner encore plus d’impact a ses paroles. Il écarta son gobelet, qui le gênait plus qu’autre chose désormais.

- Votre lèvre sentait légèrement le café. Il faudra que vous me montriez le goût que cela peut avoir, au naturel.

Finit-il avec un sourire, afin de la réconforter quelque peu. Ou alors allait-il la mettre encore plus mal à l’aise qu’elle ne l’était déjà. Son cerveau croisa intérieurement les doigts pour prier qu’elle saisisse bien l’humour et la plaisanterie. Et non quelconque moquerie.

- Jena… J’ai vécu un certain nombre d’années, à parcourir le continent du Nord au Sud, d’Est en Ouest, avant de tomber ici. J’ai rencontré des gens. Des gens biens, des gens mauvais. Et des monstres, j’en ai vu. Et croyez bien, que vous n’êtes pas un monstre. Vous êtes une battante. Une survivante. Mais pas un monstre. Vous n’avez pas de poils qui poussent sur les bras et le torse les soirs de pleine lune. Vous n’avez pas de canine pour me croquer la jugulaire. Vous êtes humaine, et bien vivante. Des humains peuvent être monstrueux, oui. Mais pas vous. Vous avez mis un terme à un massacre perpétuel, en sacrifiant une majeure partie de vous-même. Peut-on dire de vous que vous êtes un monstre ?

Il se tut pour se recaler sur le dossier, la tête pleine des images de ce soir-là, où il l’avait croisé, le véritable « monstre ».

- Non, vous n’êtes pas un monstre. Je ne vous connais pas, mais je connais les monstres. Et ils sont loin de ressembler à ça. Et vous n’êtes pas moche non plus. Personne n’est moche. Sauf peut-être Donald Trump. Mais c’est l’exception qui confirme la règle.

Il se leva et mit son doigt sur la table, en regardant bien en face la rouquine. Il prit un air quelque peu autoritaire qui lui ressemblait si peu. Et qui pouvait du coup donner un air bien loufoque.

- Alors, mademoiselle Robertson, vous allez maintenant m’écouter et obéir à la lettre. Sinon, je vous le ferai recopier cent fois. Peut-être que ça aidera, c’est pédagogique la répétition après tout. Vous ne m’obligez à rien. J’accepte que vous me payiez, vous avez gagné sur ce point. Et je suis d’accord avec vous, cet endroit et cette table en plastique imitation Bois ne sont pas parfaits pour construire quelque chose. C’est pourquoi j’accepte volontiers cette invitation à croquer un morceau autour de sujets intéressants, même si vous ne l’aviez pas forcément formulé ainsi. Et surtout, je tiens à ce que vous m’accompagniez au bal d’hiver prochain de la ville. Et je n’accepterais pas de compromis. C’est votre punition pour vous être « imposée » à moi dans les cours.

Il termina sur un clin d’œil et un léger rire amusé. Au moins se faisait-il rire tout seul, c’était l’essentiel.

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Avec Thomas Leblanc



Le silence est d'or à ce qu'il paraît, et même s'il l'était, la rouquine essayait tant bien que mal de calmer son organe battant. Elle pouvait même compter le nombre des battements réguliers qui tambourinaient dans ses tempes. Elle le regardait comme si elle le voyait pour la première fois. Elle pensait automatiquement à ce truc, vous savez ce truc qu'on évoque parfois, ce fameux truc qui vous tord les tripes, ce truc qui vous fait avoir un sourire idiot au coin des lèvres : le coup de foudre. Elle n'y croyait guère et pourtant, elle se demandait si Zeus ne l'avait pas frappée avec la foudre puisque c'est le seul à pouvoir manier cette dernière. C'était sans doute cela. Le ciel qui se jouait d'elle, lui faisant voir qu'elle aussi pouvait être touchée par ce phénomène. Le souci, c'est qu'elle n'avait pas confiance, non pas confiance en lui, mais en elle. Elle trouvait que c'était idiot d'y croire, que c'était même idiot de s'amouracher ainsi de la sorte au simple coup d'oeil et pourtant, elle dut admettre qu'il lui plaisait. En apparence tout du moins. Après, elle voulait laisser le destin s'en mêler, voir s'il pourrait toujours lui plaire plus tard. Il y avait cette certaine appréhension aussi, cette peur de devoir essuyer un refus de sa part, cette peur irréfutable qui ne cessait de lui empoisonner l'existence. Pourtant, elle avait foi en lui. Elle pressentait que ce n'était pas le genre d'homme à courir après tout ce qui bouge, la preuve, il lui avait annoncé que c'était nouveau aussi pour lui.

Il brisa enfin le silence. Jena soupira en fermant les yeux prête à accuser le coup et pourtant, quand elle rouvrit les yeux en entendant ses paroles, elle fut presque saisie de plein fouet. Il n'y avait aucun refus de sa part. Il ne la rejettait pas. Comment était-ce possible ? Comment pouvait-il accepter ce qu'elle était ? Elle avait du mal à y croire. Elle chercha à se pincer une de ses mains pour constater qu'effectivement, elle ne rêvait pas. Elle n'était pas dans l'un de ses rêves tout beau tout rose, c'était bien la stricte réalité. Cela lui faisait peur, mais cette chaleur qui réconfortait son petit coeur, lui fit un bien fou. Une espèce de douceur qui l'enveloppa telle des draps douillets. Elle sourit légèrement. Il s'approcha un peu plus sans toutefois se risquer à un baiser et quand il ouvrit de nouveau la bouche, les mots qui s'entrechoauèrent à ses oreilles, lui donnèrent un peu plus de chaleur encore. Son sourire s'étira davantage en un sourire niais, un peu gauche. Ses joues s'empourprèrent et elle baissa les yeux afin de masquer son trouble. Il la troubla bien plus qu'elle ne le pensait. Elle ne garda pas longempts les yeux baissés et put de nouveau retrouver l'éclat de ses iris. Elle le trouva un peu plus séduisant encore. Elle aavait apprécié ce doux contact et même si c'était un baiser maladroit au premier abord, c'était le plus beau geste qu'elle avait donné à quelqu'un. Le pire, c'est qu'elle n'y avait pas réfléchi. Cela s'était fait spontanément. Elle aurait bien aimé l'embrasser de nouveau, mais ce n'était pas le moment, pas ainsi.

Il continua dans sa lancée touchant le point sensible de la belle non pour lui faire du mal, mais pour lui faire comprendre qu'effectivement, elle n'était pas un monstre. Elle en était loin même. Elle le savait dans le fond, mais elle était persuadée d'être pire que tous ceux qui vivaient la nuit. Ces créatures sanguinaires que sa fausse famille avaient tuées, torturées et tout autres vices pour lesquels ils étaient les plus forts. C'étaient tous les membres de cette soit disant famille qui étaient les monstres. Elle, elle n'avait été que le pion qu'on poussait afin qu'elle soit à leur image. Et pourtant, elle avait mis un trait à tout ça. Bien sûr, elle avait récolté le prix de sa culpabilité, mais son geste avait été fait dans le but de la soulager. Elle ne pouvait plus porter ce fardeau. Donc oui, elle se pensait être un monstre, mais sans penser aux bonnes raisons qui l'avaient poussée à faire ça. Donc personne ne pouvait la blâmer, elle le faisait déjà assez elle-même. Thomas, la réconforta du mieux qu'il pouvait et elle le croyait sincèrement. Elle voulut le faire taire, mais elle ne cilla pas et ni même ne broncha. Elle aimait bien l'écouter. Elle appréciait même beaucoup sa voix et ses paroles teintées d'humour. Il avait le don de la faire rire alors qu'en temps ordinaire, elle ne l'aurait pas fait.

Thomas se leva tout en la regardant. Il l'amusa et écarquilla ses yeux comme si elle s'attendait à la révélation de l'année et il accepta sa proposition. Il accepta aussi qu'elle le paie. Elle avait gagné. Elle avait gagné sur bien des points. Non seulement elle avait gagné un professeur, mais elle avait gagné bien plus qu'elle ne l'avait pensé en venant à ses cours. Il y avait bien plus encore. Il l'invita même au bal d'hiver. Elle voulut refuser dès l'instant où il lui avait fait part de sa pseudo-punition. Elle ne dit rien faisant mine de réfléchir. Elle acquiesça finalement. Après tout, il avait rendu les armes, elle pouvait en faire de même.

-D'accord, j'accepte. J'espère juste que vous n'envisagez pas de me faire tournoyer comme une toupie sur la piste. Vous serez déçu de mes talents de danseuse.

Un sourire moqueur s'élargit sur ses lèvres tandis qu'elle se leva à son tour. Elle ne fit pas un pas en avant ni en arrière. Elle tâcha de garder une distance raisonnable, car elle avait un peu peur de la réaction de son propre corps. Elle ne voulait rien précipiter et ne rien gâcher surtout. Finalement, elle se dirigea vers la porte et l'ouvrit. Elle se retourna cependant et le regarda.

-Non pas que je tienne à mettre fin à cet échange Thomas, mais je pense que cet épisode émotionnel, m'a ouvert l'appétit. Donc, si vous le voulez bien, on pourrait se trouver un petit truc à se mettre sous la dent ?

Après tout, ils pourraient toujours aller se restaurer et continuer à s'échanger certaines banalités. Puis, dans un cadre autre que celui-ci, l'échange pourrait être un peu plus approfondi. Elle n'attendit pas de réponse de sa part et s'en alla en direction de la salle où plus tôt, ils avaient fait connaissance. Elle entra et chercha son sac. Elle attendait la venue de Thomas, qui ne tarda pas.

-Le Grill ? On pourrait y aller afin de se poser autour d'une bière ou autre ? Ca vous va ? Ne pensez pas à me faire faux-bond Thomas.

Elle réussit à rester sérieuse le temps de finir sa phrase avant de lancer un petit rire moqueur avant de l'attraper par le bras et de l'emmener jusqu'à la sortie. Elle ne dit rien se contentant de mener la danse afin de ne pas le voir filer entre ses mains. Elle soupira d'aise tout en évitant de penser à la suite des événements. Elle voulait vire l'instant présent sans chercher à devoir tout contrôler. Puis, c'était bien aussi l'imprévu...


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